Parcours sensible dans la collection du Wilson Centre for Photography, avec Diane Dufour et Bertrand Schefer
À l’occasion du bicentenaire de la photographie, l’exposition “L'Espace entre nous" se visite jusqu'au 3 janvier 2027 au BAL (Paris). Une sélection exceptionnelle qui interroge la relation triangulaire entre le photographe, le sujet et le regardeur : existe-il une juste distance ?.
À l’occasion du bicentenaire de la photographie, le BAL à Paris présente l’exposition L’Espace entre nous jusqu’au 3 janvier 2027. Cette exposition met en lumière une sélection exceptionnelle de 120 tirages photographiques issus de la collection du Wilson Centre for Photography. Le titre de l’exposition interroge la relation entre le photographe, le sujet photographié et le spectateur : existe-t-il une distance appropriée pour regarder une image ? L’événement se distingue par son approche sensible, privilégiant les liens entre les œuvres plutôt qu’une présentation chronologique ou thématique classique.
Le Wilson Centre for Photography abrite une collection privée exceptionnelle, rassemblée par Michael Wilson et son épouse Jane depuis les années 1960. Michael Wilson, producteur historique de la saga James Bond, a constitué en cinquante ans une collection riche de 36 noms d’artistes et 120 œuvres majeures, couvrant la photographie des années 1920 à aujourd’hui. Cette collection, exposée pour la première fois dans son intégralité, inclut des pièces rares et des œuvres emblématiques, offrant un panorama unique de l’évolution de la photographie.
L’exposition est co-commissariée par Diane Dufour, directrice du BAL, et Bertrand Schefer, écrivain et traducteur. Diane Dufour a sélectionné les 120 tirages à partir de la collection Wilson, tandis que Bertrand Schefer a rédigé des textes accompagnant le parcours, incarnant le point de vue du spectateur face aux œuvres. Leur collaboration vise à créer un dialogue entre les images, en mettant en avant les affinités et les résonances plutôt qu’une lecture linéaire. Cette approche favorise une expérience immersive et personnelle pour le visiteur.
La scénographie de l’exposition est conçue pour privilégier les rebonds et les contaminations entre les images, créant des résonances inédites. Le parcours propose une progression allant de la saisie sur le vif à une maîtrise plus réfléchie de la part du photographe. Par exemple, des œuvres comme Haussement d’épaule de John Gutmann (1935) ou Papa, maman et les enfants de Shoji Ueda (1949) sont présentées de manière à dialoguer avec d’autres pièces, invitant le spectateur à une réflexion sur la distance et l’émotion.
Parmi les artistes représentés, on trouve Weegee avec Palace Theater (1940), une photographie emblématique de son style documentaire et spontané. D’autres œuvres, comme celles de Francesca Woodman ou d’autres photographes moins connus, illustrent la diversité de la collection. Ces choix reflètent la volonté de montrer à la fois des chefs-d’œuvre reconnus et des découvertes rares, offrant une vision complète de l’histoire de la photographie.
Le BAL organise des visites commentées de l’exposition par des conférenciers, un mercredi par mois, aux dates suivantes : le 26 août, le 16 septembre, le 14 octobre, le 18 novembre et le 9 décembre 2026. Ces visites permettent d’approfondir la compréhension des œuvres et des thèmes abordés, comme la relation entre le photographe, le sujet et le spectateur. Elles sont ouvertes au public et complètent l’expérience de l’exposition.
L’exposition L’Espace entre nous est accessible au BAL, situé à Paris (75018 Place de Clichy), du mercredi au dimanche. Le BAL est un espace dédié à l’image contemporaine, et cette exposition s’inscrit dans une programmation qui interroge les pratiques photographiques et leur réception. Les horaires et tarifs sont disponibles sur le site du BAL, permettant au public de planifier sa visite en fonction de ses disponibilités.
Bertrand Schefer, co-commissaire de l’exposition, a publié en 2023 un livre intitulé *Francesca Woodman* aux éditions POL. Cet ouvrage explore l’œuvre de cette photographe américaine, connue pour ses autoportraits oniriques et introspectifs. Bien que non directement lié à l’exposition, ce livre témoigne de l’engagement de Schefer dans la réflexion sur la photographie et son interprétation, renforçant le lien entre son travail de commissaire et son activité d’écrivain.

