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Géopolitique

La statue d’Alfred Dreyfus devant la Cour de cassation : “Cela répare une dernière injustice”

Courrier International · mis à jour il y a 25 j

Cent vingt ans après la réhabilitation du militaire juif et 91 ans après sa mort, une statue le représentant va être installée face à la Cour de Cassation, la juridiction qui l’avait finalement innocenté. D’après la presse internationale, il s’agit d’un symbole puissant, en cette première journée de commémoration nationale de la reconnaissance de l’innocence d’Alfred Dreyfus..

Une statue itinérante

La statue d’Alfred Dreyfus, commandée dans les années 1980 par le gouvernement de François Mitterrand au sculpteur Louis Mitelberg (surnommé Tim), n’a jamais trouvé de place fixe à Paris pendant 40 ans. Fabriquée pour rendre hommage à ce capitaine juif injustement condamné pour trahison en 1894, l’œuvre a été rejetée à plusieurs reprises par l’armée, qui a refusé qu’elle soit installée dans la cour de l’École militaire. D’autres lieux envisagés, comme un emplacement en face du Palais de justice ou près de l’ancienne prison Cherche-Midi (6e arrondissement), ont aussi été abandonnés. Entre-temps, la statue a transité par le jardin des Tuileries. Cette errance symbolique reflète les difficultés à honorer publiquement une figure liée à l’une des affaires judiciaires et politiques les plus marquantes de l’histoire française.

Alfred Dreyfus et l’affaire

Alfred Dreyfus était un officier français d’origine juive, injustement accusé d’espionnage pour l’Allemagne en 1894. Condamné à la déportation à vie en Guyane, il fut finalement innocenté par la Cour de cassation le 12 juillet 1906, après 12 ans de combat judiciaire et une mobilisation nationale connue sous le nom d’affaire Dreyfus. Cette affaire divisa profondément la société française entre dreyfusards (ceux qui défendaient son innocence) et antidreyfusards (ceux qui le jugeaient coupable). Cent vingt ans après sa réhabilitation et un an après sa promotion posthume au grade de général de brigade, la statue lui rendant hommage trouve enfin une place permanente.

Une installation définitive

Le 12 juillet, jour anniversaire de l’innocentement de Dreyfus par la Cour de cassation, une cérémonie nationale a été organisée pour installer la statue en face de cette même institution. Ce choix n’est pas anodin : la Cour de cassation, plus haute juridiction française, avait joué un rôle clé dans la réhabilitation de Dreyfus. Cette décision met fin à des décennies d’errance pour l’œuvre, considérée comme un symbole de réparation face à l’injustice et à l’antisémitisme. Pour beaucoup de Français, cette installation représente une reconnaissance tardive mais nécessaire d’un chapitre sombre de l’histoire nationale.

Ce que ça pourrait changer

La commande de cette statue par François Mitterrand dans les années 1980 s’inscrit dans une volonté de réhabiliter la mémoire de Dreyfus, figure emblématique de la lutte contre l’injustice et les discriminations. L’antisémitisme, bien que moins visible qu’à l’époque de l’affaire Dreyfus, reste un sujet sensible en France, comme le souligne un article du *Courrier international* évoquant sa persistance actuelle. L’installation de la statue devant la Cour de cassation, lieu de sa réhabilitation, renforce le message de justice et de mémoire collective, tout en soulignant l’importance de reconnaître les erreurs du passé pour mieux les surmonter.

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