Trump annonce avoir obtenu un «contrôle permanent» sur la sécurité du Groenland
L’accord doit empêcher tout «adversaire» de Washington d’établir une présence militaire dans le territoire arctique..
Donald Trump a annoncé avoir obtenu un accord permettant aux États-Unis d’exercer un «contrôle permanent» sur la sécurité du Groenland, un territoire autonome danois. Cet accord vise à empêcher tout «adversaire» de Washington, notamment la Chine et la Russie, d’y établir une présence militaire ou d’y réaliser des investissements dans des secteurs sensibles sans l’accord des États-Unis. Selon un responsable du département d’État américain, l’accord garantit que ces deux pays ne pourront pas disposer de bases militaires au Groenland, ni y envoyer de troupes. Il s’agit d’une mesure stratégique pour les États-Unis, qui cherchent à sécuriser une zone clé de l’Arctique, située sur l’itinéraire le plus court entre la Russie et les États-Unis. L’accord doit être signé la semaine suivante à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.
Le Groenland, territoire autonome danois de 57 000 habitants, est devenu un sujet de tensions internationales en raison de sa position stratégique en Arctique. Cette région, où la fonte des glaces ouvre de nouvelles voies maritimes, attire l’attention de grandes puissances comme les États-Unis, la Chine et la Russie, en raison de ses ressources naturelles, notamment des gisements de terres rares. En 2019, Donald Trump avait provoqué une crise diplomatique en évoquant publiquement l’idée d’annexer le Groenland, allant jusqu’à menacer d’utiliser la force. Cette proposition avait suscité l’inquiétude au sein de l’Union européenne et de l’OTAN, qui y voient une menace pour la stabilité régionale. La tension avait finalement diminué grâce à la création d’un groupe de travail associant le Danemark, le Groenland et les États-Unis, aboutissant à l’accord annoncé en 2025.
L’accord prévoit le développement immédiat d’une présence militaire américaine au Groenland, avec l’ouverture de trois nouvelles bases militaires dans le sud du territoire. Ces installations s’ajouteront à la base de Pituffik, située dans le nord et déjà détenue par les États-Unis. Cette base est un maillon essentiel du système de défense antimissile américain. Le vice-président américain J.D. Vance s’y était rendu en mars 2025, un déplacement perçu comme une provocation par le Groenland et le Danemark. L’accord, d’une «durée de vie infinie», ne coûtera rien aux États-Unis, selon Donald Trump, qui le qualifie de «rêve devenu réalité». Le texte reconnaît la souveraineté du Danemark et du Groenland, ainsi que le droit du peuple groenlandais à l’autodétermination.
Le Danemark a salué un accord «bon pour l’OTAN et l’Europe», soulignant qu’il maintient la souveraineté du Groenland tout en renforçant la sécurité collective. La première ministre danoise Mette Frederiksen a précisé que l’accord reconnaît l’intégrité territoriale du Danemark et le droit du Groenland à l’autodétermination. Le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, s’est félicité d’un compromis garantissant la sécurité du territoire et reconnaissant ses intérêts. Selon un responsable du département d’État américain, l’accord restera en vigueur même si le Groenland devient un pays indépendant. Cet accord met fin à une période de tensions entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland, tout en répondant aux préoccupations de sécurité nationale de Washington.
Les relations entre les États-Unis et le Groenland remontent à 1951, date d’un accord de défense donnant déjà aux États-Unis une grande latitude pour déployer des installations militaires sur place, à condition d’en informer les autorités locales. En 2004, cet accord avait été mis à jour, mais il n’avait pas apaisé les tensions récurrentes. Jusqu’à 17 installations militaires américaines ont été déployées au Groenland au fil des décennies. L’accord de 2025 marque une évolution majeure, car il formalise un contrôle américain permanent sur la sécurité du territoire, tout en préservant officiellement la souveraineté danoise et groenlandaise. Cette situation illustre la complexité des enjeux géopolitiques en Arctique, où les intérêts stratégiques des grandes puissances se heurtent aux aspirations locales.

