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Pourquoi vouloir maigrir à tout prix n’est pas forcément une bonne idée ? Toutes les graisses de votre corps ne sont pas vos ennemies

Presse-Citron · mis à jour il y a 20 j

Perdre du gras est un objectif légitime, à condition de savoir lequel : l’un d’entre eux vous protège contre plusieurs pathologies, qu'elles soient mentales ou physiques..

Graisses : trois types distincts

Le corps humain contient trois types de graisses, souvent regroupées sous le terme générique de tissu adipeux. La plus connue est la graisse blanche, qui sert de réserve d’énergie en stockant les excès de calories sous forme de triglycérides dans des cellules appelées adipocytes blancs. En cas de surcharge, cette graisse s’accumule sous la peau ou autour des organes, pouvant mener à un surpoids ou à des maladies comme l’obésité. Une autre variété, la graisse brune, joue un rôle opposé : elle brûle les calories pour produire de la chaleur, un processus appelé thermogenèse. Enfin, une troisième forme, la graisse beige, peut se transformer en graisse brune sous certaines conditions. En France, 48,8 % de la population est concernée par le surpoids ou l’obésité, selon Obésité France. Ces chiffres illustrent l’importance de distinguer les types de graisses, car leurs impacts sur la santé diffèrent radicalement.

Graisse brune : alliée santé

Contrairement à la graisse blanche, la graisse brune est bénéfique pour l’organisme. Elle oxyde le glucose et les acides gras pour générer de la chaleur, un mécanisme essentiel pour maintenir la température corporelle, notamment chez les nouveau-nés. Longtemps considérée comme inactive chez l’adulte, des recherches menées depuis 2009 ont confirmé sa présence fonctionnelle, bien que variable selon les individus. Une étude récente, publiée le 14 octobre 2026 dans la revue Nature, a analysé les scanners de plus de 100 000 patients traités pour un cancer. Les résultats montrent que les personnes dont la graisse brune est la plus active présentent moins de risques de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires, de dépression ou d’anxiété. Cette graisse consomme du glucose et des acides gras, stabilisant ainsi la glycémie et réduisant la charge sur le système cardiovasculaire.

Étude : corrélations observées

L’étude citée, menée en collaboration avec le Memorial Sloan Kettering Cancer Center, a utilisé des scanners TEP-TDM pour mesurer l’activité de la graisse brune. Cette technique d’imagerie injecte un glucose radioactif pour visualiser les tissus métaboliquement actifs. Les chercheurs ont croisé ces données avec les dossiers médicaux des patients via un modèle d’intelligence artificielle. Ils ont observé une corrélation statistique entre une activité élevée de la graisse brune et une réduction des risques de plusieurs maladies. Cependant, cette étude rétrospective ne permet pas d’établir un lien de causalité direct, car elle ne contrôle pas toutes les variables possibles comme l’alimentation, l’activité physique ou la génétique. Pour confirmer ces résultats, une étude prospective avec un protocole contrôlé serait nécessaire.

Ce que ça pourrait changer

Bien que les résultats de l’étude soient prometteurs, plusieurs limites doivent être prises en compte. D’abord, l’étude ne permet pas de déterminer si l’activité de la graisse brune est la cause ou la conséquence des bénéfices observés pour la santé. Ensuite, les données utilisées provenaient de patients traités pour un cancer, ce qui pourrait influencer les résultats. Enfin, l’étude ne précise pas comment stimuler artificiellement la graisse brune pour en tirer des bénéfices, ni sur quelle durée ces effets pourraient persister. Les chercheurs soulignent donc la nécessité de mener des recherches supplémentaires pour valider ces hypothèses et comprendre les mécanismes biologiques sous-jacents, notamment l’effet protecteur de la graisse brune sur la santé mentale.

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