“Un tournant” : l’Irak s’aligne sur les États-Unis et sanctionne le Hezbollah
Les autorités irakiennes ont placé le Hezbollah sur la liste des organisations soumises à des restrictions bancaires et financières, ont annoncé le 15 juillet plusieurs médias irakiens et libanais. Une décision qui intervient au lendemain de la visite cette semaine du nouveau Premier ministre irakien, Ali Al-Zaidi, à Washington..
Le gouvernement irakien a décidé d’inscrire le Hezbollah, une milice libanaise soutenue par l’Iran, sur une liste de sanctions bancaires. Cette mesure interdit à toutes les banques, entreprises et institutions irakiennes d’effectuer des transactions financières avec cette organisation ou ses alliés. La décision a été rendue publique le 15 juillet 2026, suite à une fuite dans la presse irakienne, notamment le quotidien Az-Zaman. Le Hezbollah est une force politique et militaire chiite basée au Liban, souvent perçue comme un proxy de l’Iran dans la région. Les sanctions bancaires signifient que tout échange d’argent avec cette milice est désormais interdit en Irak, un pays majoritairement chiite mais où les tensions entre les États-Unis et l’Iran sont fortes depuis des décennies.
Cette décision survient après une visite officielle du Premier ministre irakien, Ali Al-Zaidi, à Washington le 14 juillet 2026. Al-Zaidi, qui a rencontré le président américain Donald Trump et d’autres hauts responsables, semble marquer un rapprochement entre l’Irak et les États-Unis. Cette rencontre diplomatique a probablement joué un rôle clé dans l’adoption des sanctions contre le Hezbollah. L’Irak, bien que majoritairement chiite, est tiraillé entre les influences de l’Iran et des États-Unis, deux puissances qui s’affrontent indirectement dans la région. La photo d’Al-Zaidi serrant la main de Trump illustre cette nouvelle orientation politique.
Les sanctions irakiennes visent non seulement le Hezbollah lui-même, mais aussi plusieurs personnalités et entités qui lui sont associées. Selon Az-Zaman, trois noms sont mentionnés dans la missive du ministère des Finances irakien. Le premier est Mahmoud Comati, vice-président du conseil politique du Hezbollah. Le second est Sleiman Frangié, chef du Mouvement Marada, un parti politique libanais. Enfin, Mohammed Kawtharani est également ciblé. Ces trois personnalités avaient déjà été sanctionnées par les États-Unis en juin 2026. Les sanctions financières visent à couper les flux d’argent et à isoler ces acteurs, limitant leur capacité à opérer en Irak et au Liban.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de rivalité accrue entre les États-Unis et l’*Iran*, deux puissances qui s’affrontent par procuration au Moyen-Orient. L’*Iran* soutient des groupes comme le *Hezbollah* pour étendre son influence, tandis que les États-Unis cherchent à limiter cette expansion. L’Irak, situé entre ces deux acteurs, est un terrain clé de cette lutte d’influence. En sanctionnant le *Hezbollah*, Bagdad envoie un signal clair : il se range du côté des États-Unis. Cette décision pourrait aussi refléter une volonté de l’Irak de réduire sa dépendance économique et politique vis-à-vis de l’*Iran*, tout en cherchant à obtenir des soutiens financiers et diplomatiques de Washington.

