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Généraliste

Quel parti veut supprimer le plus de postes dans la fonction publique?

Le Devoir · mis à jour 30 sept.

Attrition ou départs volontaires, après les élections, des milliers de postes de fonctionnaires pourraient disparaître..

Réduction des postes

Lors de la campagne électorale québécoise de 2026, les principaux partis politiques proposent des réductions significatives des postes dans la fonction publique, à l'exception de Québec solidaire (QS). La Coalition avenir Québec (CAQ) prévoit supprimer 2 900 postes, principalement par attrition (départs naturels non remplacés) et départs volontaires, sans toucher aux services publics. Le Parti libéral du Québec (PLQ) promet 12 000 suppressions, tandis que le Parti conservateur du Québec (PCQ) vise 20 000 postes en moins. Le Parti québécois (PQ) n'a pas donné de chiffre précis mais propose une réduction de 2,5 % de la rémunération globale des fonctionnaires, ce qui pourrait équivaloir à environ 16 000 postes selon une estimation de Radio-Canada. En 2024-2025, la fonction publique québécoise comptait 80 000 employés en équivalent temps complet au sein des ministères et organisations, et près de 525 000 hors de la fonction publique (santé, éducation, sociétés d'État).

Stratégies d'efficacité

Tous les grands partis, sauf QS, misent sur une augmentation de l'efficacité de l'État pour réaliser des économies. La CAQ souhaite créer deux équipes dédiées : une pour améliorer l'efficacité de l'État et une autre pour superviser les projets numériques, toutes deux placées sous l'autorité de la première ministre. Le PQ propose un Secrétariat à l'efficacité gouvernementale et à l'allègement réglementaire, tandis que le PLQ veut mettre en place une équipe appelée Efficacité Québec. Le PCQ envisage un Secrétariat à la libéralisation, rattaché à un ministère rebaptisé Conseil du trésor et de l'efficacité gouvernementale. Tous ces partis prônent une réduction des exigences réglementaires et l'utilisation de technologies, dont l'intelligence artificielle (IA), pour optimiser les processus administratifs. QS, en revanche, mise sur la création de Pharma-Québec et une déclaration de revenus unique pour réaliser des économies.

Contrats et critiques

La CAQ prévoit réduire les dépenses en limitant le recours aux contrats de services professionnels, une pratique qui coûte environ 6 milliards de dollars par an au secteur public québécois. Selon les syndicats représentant les fonctionnaires, un consultant externe coûte souvent le double d'un employé permanent, avantages sociaux inclus. Huit syndicats ont dénoncé dans une lettre ouverte que les partis promettent de créer de nouveaux programmes tout en réduisant les ressources nécessaires pour les mettre en œuvre, ce qui leur semble incohérent. Les économies estimées varient selon les partis : environ 800 millions pour la CAQ, et plusieurs milliards pour les autres, selon une synthèse des cadres financiers réalisée par la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l'Université de Sherbrooke.

Ce que ça pourrait changer

Québec solidaire se distingue des autres partis en proposant d'investir davantage dans la fonction publique plutôt que de la réduire. Le parti souhaite améliorer les salaires et l'équité salariale dans le secteur public, tout en rétablissant l'expertise au sein de l'administration. Il propose également de réduire la rémunération des médecins pour financer ces mesures. Contrairement à ses adversaires, QS ne mise pas sur des suppressions de postes ou des économies par attrition, mais sur un renforcement des capacités de l'État pour mieux répondre aux besoins de la population.

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