Quel parti veut supprimer le plus de postes dans la fonction publique?
La réduction des effectifs de la fonction publique québécoise s’impose comme l’un des thèmes centraux de la campagne électorale de 2026, révélant une surenchère entre les partis pour afficher leur rigueur budgétaire. Pourtant, derrière les chiffres annoncés — de 2 900 à 20 000 postes supprimés — se cachent des stratégies distinctes, des zones d’ombre persistantes et des risques de contradiction entre les promesses d’économies et l’ambition de créer de nouveaux programmes publics.
Quels partis proposent les réductions les plus radicales de postes dans la fonction publique, et selon quelles méthodes ?
Le Parti conservateur du Québec (PCQ) arrive en tête avec la promesse de supprimer 20 000 postes, suivi du Parti libéral du Québec (PLQ) avec 12 000 suppressions. La Coalition avenir Québec (CAQ) mise sur 2 900 postes en moins, tandis que le Parti québécois (PQ) évite de chiffrer directement, évoquant une réduction de 2,5 % de la rémunération globale des fonctionnaires — une estimation de Radio-Canada qui pourrait équivaloir à 16 000 postes. Tous les partis, sauf Québec solidaire (QS), privilégient des méthodes comme l’attrition, les départs volontaires ou la baisse des coûts salariaux, sans toucher aux services directs à la population.
Pourquoi les syndicats de la fonction publique dénoncent-ils ces propositions, et quel argument avancent-ils ?
Huit syndicats représentant les employés de la fonction publique ont publié une lettre ouverte critiquant l’incohérence entre les promesses de réduction des effectifs et la volonté simultanée de créer de nouveaux programmes ou mesures. Ils soulignent que l’État dépense déjà environ 6 milliards de dollars par an en contrats avec le secteur privé, souvent à un coût supérieur à celui d’un employé permanent, ce qui rend ces économies contre-productives selon eux.
Quelles mesures complémentaires les partis proposent-ils pour améliorer l’efficacité de l’État, au-delà des suppressions de postes ?
Tous les grands partis, sauf QS, misent sur la création de nouvelles structures dédiées à l’efficacité : une équipe «consacrée à l’efficacité de l’État» pour la CAQ, un «Secrétariat à l’efficacité gouvernementale» pour le PQ, une équipe «Efficacité Québec» pour le PLQ, et un «Secrétariat à la libéralisation» pour le PCQ. Ils prônent aussi la réduction des exigences réglementaires, l’adoption de technologies comme l’intelligence artificielle, et une refonte des processus administratifs pour gagner en productivité.
Quelle est la position de Québec solidaire sur la fonction publique, et en quoi se distingue-t-elle des autres partis ?
QS propose une approche diamétralement opposée en voulant investir massivement dans l’appareil gouvernemental : amélioration des salaires, rétablissement de l’expertise publique, et réduction de la rémunération des médecins. Contrairement aux autres partis, le parti ne table pas sur des suppressions de postes, mais sur des réformes structurelles comme la création de Pharma-Québec et l’adoption d’une déclaration de revenus unique pour générer des économies.
Ce que ça pourrait changer
Ces propositions pourraient fragiliser la capacité de l’État à répondre aux besoins de la population, surtout si les économies réalisées se font au détriment de l’expertise interne ou de la qualité des services. La contradiction entre la volonté de réduire les effectifs et celle d’innover ou de créer de nouveaux programmes risque d’alourdir la charge de travail des fonctionnaires restants, tout en alimentant les critiques sur la privatisation déguisée de certaines missions publiques. Enfin, ces débats révèlent une tension croissante entre la recherche de rigueur budgétaire et la préservation d’un service public performant.

