Terminal de conteneurs : le Port de Québec mènera l’étude environnementale
L'Agence d'évaluation d'impact du Canada ne fera pas l'étude du projet..
L’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) a décidé que le Port de Québec serait responsable de réaliser l’étude environnementale pour le projet de terminal de conteneurs de l’entreprise QSL. Cette décision, prise le 10 août 2026 par le président de l’AEIC, Terence Hubbard, s’appuie sur l’article 82 de la Loi sur l’évaluation d’impact. Ce dernier impose à l’Administration portuaire de Québec de mener une telle étude, car elle reçoit une aide financière fédérale de 23 millions de dollars pour le projet, notamment pour la construction de douanes internationales. L’AEIC a rejeté la demande de la Table citoyenne Littoral Est, qui souhaitait que l’étude soit réalisée par un organisme indépendant en vertu de l’article 9 de la Loi sur l’évaluation d’impact (LEI). Terence Hubbard a justifié cette décision en soulignant que d’autres lois fédérales, comme la Loi sur les pêches ou la Loi sur les espèces en péril, encadrent déjà les risques environnementaux du projet.
Le projet de terminal de conteneurs porté par QSL vise à réaménager des terrains du Port de Québec, plus précisément dans la baie de Beauport, pour y manutentionner jusqu’à 250 000 conteneurs par année. Cette capacité s’ajoute aux 200 000 conteneurs déjà évoqués précédemment. Le terminal permettrait de renforcer l’activité portuaire en facilitant le transit de marchandises conteneurisées, un secteur en croissance pour le port. Le gouvernement du Québec a officiellement désigné le Port de Québec comme terminal de conteneurs international en mai 2026, ce qui autorise QSL à déposer son projet auprès de l’Administration portuaire. Cependant, cette désignation ne signifie pas que le projet est déjà approuvé : il doit encore passer par une évaluation environnementale rigoureuse.
Plusieurs groupes citoyens, dont la Table citoyenne Littoral Est, ont exprimé des craintes quant à un conflit d’intérêts dans l’évaluation environnementale. Ils estiment que le Port de Québec, qui a déjà montré son soutien au projet de QSL, ne peut pas être à la fois juge et partie. Avant l’intervention de l’AEIC, le Port devait réaliser l’étude via son propre Processus d’évaluation et d’atténuation des impacts (PEAI), un processus interne qui pourrait durer jusqu’à un an et demi. Daniel Guay, porte-parole de la Table citoyenne, a critiqué cette situation, soulignant que les évaluations environnementales sont normalement menées par des tiers indépendants. Il a ajouté que le Port devra désormais prouver son impartialité, malgré les soupçons de partialité persistants.
La Table citoyenne Littoral Est a réagi avec déception à la décision de l’AEIC, qualifiant la situation d’inhabituelle et exprimant de la colère et de la tristesse. Daniel Guay a insisté sur la nécessité d’une évaluation impartiale, tandis que le Port de Québec a pris acte de la décision. Dans un communiqué publié le 10 août 2026, l’Administration portuaire a annoncé qu’elle préciserait dans les semaines suivantes les paramètres du processus d’évaluation, incluant l’échéancier et les modalités de participation du public. Geneviève Richard, porte-parole du Port, a assuré que la démarche serait rigoureuse, transparente et indépendante, en recourant à des firmes externes pour renforcer la crédibilité du processus. Elle a rappelé que cette décision n’autorise pas encore le projet, qui reste à évaluer.
L’évaluation environnementale du projet de terminal de conteneurs s’appuiera sur plusieurs lois fédérales pour encadrer les risques potentiels. Parmi celles-ci figurent la **Loi sur les pêches**, la **Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs**, le **Règlement sur les oiseaux migrateurs (2022)** et la **Loi sur les espèces en péril**. Ces textes visent à protéger les écosystèmes locaux, notamment dans la baie de Beauport, et à répondre aux préoccupations des **peuples autochtones** et du public. Le Port de Québec devra intégrer ces exigences dans son évaluation, tout en garantissant la participation des citoyens. Les prochaines semaines seront consacrées à la définition des règles du jeu, avant le lancement officiel de l’étude environnementale.

