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Généraliste

Des dizaines de milliers de manifestants à New Delhi contre la commission électorale

Le Devoir · mis à jour il y a 2 j

Samedi et dimanche, les forces de l’ordre ont procédé à des milliers d’interpellations..

Manifestation massive à Delhi

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté le 12 octobre 2026 dans les rues de New Delhi, capitale de l'Inde, pour réclamer la démission de Gyanesh Kumar, président de la commission électorale indienne. Cette mobilisation, sous haute surveillance policière, s'inscrit dans un mouvement de protestation plus large contre une révision controversée des listes électorales. Les manifestants, parmi lesquels figurent des membres de l'opposition politique et des jeunes issus du mouvement en ligne des coquerelles, dénoncent une manipulation des règles électorales en faveur du Premier ministre Narendra Modi et de son parti ultranationaliste, le BJP. Les forces de l'ordre ont arrêté plus de 20 000 personnes depuis le week-end précédent pour empêcher les rassemblements, tandis que les transports en commun et l'internet mobile étaient partiellement suspendus dans le centre-ville.

Révision des listes électorales

La contestation porte sur une révision dite spéciale des listes électorales, lancée en 2025 par la commission électorale pour supprimer les doublons, les noms de personnes décédées ou les fraudeurs présumés. Selon les médias locaux, cette procédure aurait conduit au retrait de 130 millions d'inscrits. L'opposition et les coquerelles accusent cette révision d'être biaisée et de cibler principalement les minorités, notamment les musulmans, afin de favoriser le BJP aux élections. La commission électorale et son président ont nié toute irrégularité, affirmant que la procédure visait uniquement à nettoyer les listes. Cette révision est perçue comme un outil politique pour consolider le pouvoir de Modi, qui dirige l'Inde depuis 2014.

Rôle du mouvement des coquerelles

Le mouvement des coquerelles (ou CJP, Parti du peuple des coquerelles) est un collectif en ligne créé en mai 2026 pour fédérer la colère des jeunes, notamment des étudiants, contre le système éducatif et les politiques du gouvernement. Le terme coquerelle est une dérision des propos d'un juge qui avait utilisé ce mot pour qualifier les opposants. Le CJP est devenu un porte-parole de l'opposition à Modi, organisant des mobilisations massives et des actions symboliques, comme le dépôt d'une requête à la Cour suprême pour contester la révision des listes électorales. Ses dirigeants, dont Abhijeet Dipke, ont été arrêtés à leur arrivée à New Delhi le week-end précédent et retenus 24 heures en garde à vue. Le mouvement promet de poursuivre la contestation jusqu'à la démission de Gyanesh Kumar.

Réactions du gouvernement et de l'opposition

Le gouvernement de Narendra Modi, via son porte-parole Shivraj Singh Chouhan du BJP, a accusé l'opposition parlementaire et le CJP de discréditer les institutions constitutionnelles et de semer le chaos et les émeutes pour prendre le pouvoir. La police n'a pas communiqué de bilan officiel des arrestations ni répondu aux accusations de violences policières. De son côté, Rahul Gandhi, chef de l'opposition et membre du Congrès, a appelé à défiler jusqu'à la Cour suprême pour exiger la démission de Gyanesh Kumar, affirmant que la Constitution devait être respectée. Il a déposé une requête pour annuler la révision des listes électorales, tandis que les manifestants scandaient des slogans comme Modi fait honte à l'Inde et Défendons nos droits.

Ce que ça pourrait changer

Cette crise s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre le gouvernement de Modi et l'opposition, marquée par des accusations de dérive autoritaire depuis 2014. La mobilisation des *coquerelles* en juillet 2026 avait déjà contraint le gouvernement à démissionner le ministre de l'Éducation, jugé responsable de fraudes aux examens universitaires. Cette première victoire de la rue avait été perçue comme un signe de faiblesse pour Modi, qui n'avait plus cédé à la pression populaire depuis son arrivée au pouvoir. Les manifestations actuelles visent donc à capitaliser sur ce précédent et à affaiblir davantage le gouvernement, tout en dénonçant une instrumentalisation des institutions pour servir les intérêts politiques du BJP.

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