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Dans le massif des Bauges, le mystère de l’or qu'on trouve au milieu des calcaires

The Conversation France · mis à jour il y a 16 j

Dans le Chéran, principale rivière du massif des Bauges, on peut retrouver des pépites d’or. Mais d’où vient cet or ? Florian Pépellin , CC BY-SA Au-delà du sport, le Tour de France donne aussi l’occasion de (re)découvrir nos paysages et parfois leurs bizarreries géologiques.

Or dans les calcaires

L’article évoque une anomalie géologique dans le massif des Bauges, en Savoie : la présence d’or dans des roches entièrement calcaires, alors que ce métal précieux est généralement associé au granite ou au quartz. Cette découverte surprend car les Alpes comptent des gisements d’or classiques, comme dans le massif de l’Oisans, où les roches correspondent aux formations géologiques habituelles. Pourtant, dans les Bauges, l’or se trouve dans des sédiments calcaires, notamment près de la rivière du Chéran, sous le pont de l’Abîme. Cette présence inattendue a nourri des légendes, comme celle de Madame de Warens au XVIIIe siècle, qui y voyait une opportunité économique illusoire. Aujourd’hui, on sait que cette anomalie s’explique par des processus géologiques et climatiques anciens.

Origine de l’or

L’or présent dans la nature provient des profondeurs de la Terre, où il est concentré par des processus géologiques variés. Les gisements exploitables se forment principalement dans des roches siliceuses d’origine magmatique, comme les granites, ou dans des filons de quartz. En France, les régions du Limousin et de Bretagne abritent ce type de gisements. Une autre forme d’or, appelée placer, se trouve dans des sédiments alluviaux, comme les rivières ou les méandres, où les paillettes d’or se déposent naturellement grâce à leur densité élevée. L’or est un élément très stable, ce qui explique sa présence intacte dans ces sédiments. Cependant, dans les Bauges, l’or ne provient pas des roches locales, mais a été transporté par des agents extérieurs.

Exploitation historique

L’exploitation de l’or dans les Bauges remonte à l’Antiquité, comme en témoignent les écrits de Pline l’Ancien, qui décrivait cet or comme le plus pur des Gaules. Les Romains ont exploité ces gisements, suivis par des générations d’orpailleurs locaux. L’activité s’est intensifiée au XIXe siècle, notamment lors de la ruée vers l’or en Californie, avec des figures comme Joseph Domenge, surnommé La Biola, qui a découvert en 1863 une pépite de 43,5 grammes, presque pure (23 carats). Cette pépite est aujourd’hui exposée au musée d’Annecy. L’exploitation a cessé à la fin du XVIIIe siècle, mais des amateurs continuent de chercher de l’or dans la région.

Transport par les glaciers

Le mystère de la présence d’or dans les calcaires des Bauges a été résolu grâce à l’étude des glaciers. Il y a environ 40 000 ans, lors de la dernière glaciation, le massif des Bauges était recouvert par un glacier épais de 1 200 à 2 000 mètres, issu des Alpes internes (Tarentaise et Beaufortain). Ces glaciers ont transporté des matériaux rocheux, dont des blocs de granite et de gneiss contenant de l’or, sur des distances pouvant atteindre 50 kilomètres. Ces débris, appelés moraines, se sont déposés dans la région, expliquant la présence d’or dans des zones où il n’aurait pas dû se trouver naturellement. Une moraine est un amas de débris rocheux transportés et déposés par un glacier.

Autre hypothèse géologique

Une autre hypothèse, plus ancienne, suggère que l’or des Bauges pourrait provenir de l’érosion marine, survenue il y a 20 à 10 millions d’années. À cette époque, des mers peu profondes ont déposé des sédiments appelés marnes et grès molassiques, contenant des particules d’or issues de l’érosion de roches cristallines voisines. Ces sédiments ont ensuite été transportés et redistribués par des processus géologiques, avant d’être intégrés aux formations calcaires des Bauges. Bien que moins probable que l’hypothèse glaciaire, cette théorie reste plausible et illustre la complexité des processus géologiques à l’œuvre.

Ce que ça pourrait changer

L’article souligne que les paysages des Bauges, comme ceux des Alpes, sont le résultat d’une histoire géologique complexe, où se superposent des éléments de différentes époques. Les roches y forment un *palimpseste*, c’est-à-dire un document où des couches successives d’informations se superposent et se mêlent. Ainsi, l’or des Bauges raconte une histoire de transport glaciaire, d’érosion et de dépôts sédimentaires, révélant les dynamiques passées de la Terre. Cette découverte montre que les paysages ne sont pas figés, mais le fruit d’une évolution continue, où chaque élément géologique apporte une pièce du puzzle.

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