Les frappes ukrainiennes de drones pourraient rendre l’Arctique russe invivable
En ciblant les raffineries et les réseaux logistiques russes, Kiev menace la production de carburants résistants au gel, utilisés en hiver dans la majorité des régions russes. L’article Les frappes ukrainiennes de drones pourraient rendre l’Arctique russe invivable est apparu en premier sur Le Grand Continent..
L’Ukraine mène une campagne de frappes aériennes ciblant les raffineries de pétrole et les infrastructures logistiques russes. Ces attaques visent à perturber la production de carburants essentiels, notamment ceux résistants au gel, utilisés en hiver dans la majorité des régions russes. Selon l’expert ukrainien Ivan Marchenkov, ces frappes pourraient entraîner une pénurie de ces carburants, un scénario particulièrement critique pour les territoires arctiques et sibériens, où les températures hivernales peuvent descendre jusqu’à -40°C. La Russie dépend largement de ces carburants pour assurer le fonctionnement des moteurs, des générateurs et des centrales électriques dans ces zones isolées et froides.
Le carburant arctique est un type de carburant spécialement conçu pour résister aux températures extrêmes. Il est produit en mélangeant du diesel et du kérosène d’aviation, ou par un procédé appelé déparaffinage, qui permet d’éliminer les composants du pétrole qui gèlent à basse température. Ce carburant est stocké massivement à l’automne pour approvisionner les régions les plus froides du pays avant l’hiver. En Russie, sept raffineries spécialisées dans le déparaffinage ont déjà interrompu leur production à cause des frappes ukrainiennes, tandis que l’approvisionnement en kérosène d’aviation, un autre composant clé, est en baisse.
Près de 10 millions de personnes vivent dans le Grand Nord russe, une région couvrant 12 millions de km², soit 100 fois la taille de l’Ukraine occupée depuis 2014. Dans ces zones, où les températures sont souvent inférieures à -30°C, de nombreuses localités ne sont pas raccordées au réseau électrique. Elles dépendent donc de centrales diesel pour produire de l’électricité. Une pénurie de carburant arctique pourrait rendre ces régions invivables, forçant les habitants à quitter ces territoires. Ce phénomène est décrit comme une conquête inversée, où la Russie perdrait le contrôle de ses propres territoires sans intervention militaire directe.
Face à cette menace, le Kremlin a réagi en organisant une réunion d’urgence le 9 juillet 2026, présidée par le vice-Premier ministre russe *Alexandre Novak*. Cette réunion a rassemblé des représentants du gouvernement, des dirigeants régionaux et des entreprises du secteur pétrolier. Les discussions ont porté sur la disponibilité des réserves de carburant, les problèmes logistiques et les calendriers de livraison pour les zones isolées. Pour limiter la crise, la Russie a interdit les exportations de diesel et augmenté ses importations depuis la Biélorussie, qui ont bondi de 50 % en juin 2026, atteignant 77 000 tonnes. Elle cherche également à importer davantage de kérosène d’aviation, crucial pour le transport et la logistique dans ces vastes territoires.

