L'humain du futur ne ressemblera pas à ce que vous croyez
Des jambes courtes à cause de la sédentarité, des yeux énormes et globuleux à force de regarder des écrans… A quoi ressembleront les humains du futur ?.
L’évolution des humains ne suit pas nos besoins immédiats ou nos habitudes, contrairement à ce que suggère la science-fiction. Par exemple, la taille moyenne des humains est passée de 1,10 mètre à 1,80 mètre en 3 millions d’années, non pas parce que nous avions besoin de grandir, mais parce que les individus plus grands avaient un avantage évolutif : ils survivaient mieux et avaient plus d’enfants. Ainsi, leur taille s’est transmise de génération en génération. Cette transformation a pris des millions d’années, ce qui montre que les changements physiques majeurs sont extrêmement lents et ne dépendent pas de nos usages quotidiens.
La sélection naturelle agit principalement de manière invisible, à travers de petites mutations aléatoires de l’ADN. Certaines de ces mutations offrent un avantage, comme une meilleure résistance aux maladies ou une meilleure adaptation à l’alimentation. Par exemple, avant l’invention des antibiotiques et des vaccins, la moitié des enfants mouraient avant 15 ans à cause des épidémies. Les individus porteurs de mutations favorables avaient donc plus de chances de survivre et de transmettre ces mutations à leurs descendants. Ces changements se répandent ensuite dans la population sur des milliers d’années.
Contrairement à une idée reçue, la sédentarité ne raccourcira pas nos jambes à long terme. Pour qu’un organe ou une caractéristique physique disparaisse ou se modifie, il faudrait que les individus qui en sont dépourvus aient un avantage reproductif significatif. Or, rien ne prouve que les personnes aux jambes plus courtes aient plus d’enfants que les autres. Evelyne Heyer, généticienne et anthropologue, souligne que l’évolution ne fonctionne pas selon l’usage : un organe utilisé moins ne s’atrophie pas automatiquement dans les générations futures. Ainsi, nos jambes resteront probablement telles qu’elles sont aujourd’hui.
Certaines mutations génétiques peuvent déjà donner naissance à un sixième doigt, mais cela ne deviendra pas la norme dans l’espèce humaine. Pour qu’une telle caractéristique se généralise, il faudrait que les individus qui en sont porteurs aient un avantage évolutif, comme une meilleure capacité à manipuler des outils ou à utiliser des écrans. Cependant, rien n’indique que cette mutation offre un tel avantage. Les mutations qui se répandent dans une population sont celles qui améliorent la survie ou la reproduction, et un sixième doigt n’a pas encore démontré ce potentiel.
Avec les progrès de la médecine, on pourrait croire que la sélection naturelle a cessé d’agir sur les humains. Pourtant, cela n’est pas le cas. Même si les maladies et les épidémies tuent moins qu’avant, des mutations avantageuses continuent de se répandre dans la population. Par exemple, certaines mutations qui améliorent la résistance à des maladies ou l’adaptation à de nouveaux régimes alimentaires peuvent encore conférer un avantage. Ainsi, l’évolution humaine se poursuit, mais à une échelle de temps très longue, de l’ordre de plusieurs millénaires.

