La Caisse à 5, 1 % à la mi-année
L’actif net de La Caisse s’élève à 552 G$, avec des gains de 26 G$ sur six mois..
Pour les six premiers mois de l’année 2026, La Caisse de dépôt et placement du Québec (souvent appelée simplement La Caisse), un organisme qui gère les fonds de retraite et d’assurance publics et parapublics pour plus de 6 millions de personnes au Québec, affiche un rendement de 5,1 %. Ce chiffre représente le gain réalisé par les placements effectués avec l’argent des cotisants, soit un total de 26 milliards de dollars (G$) sur la période. Cependant, ce rendement est inférieur à celui de son indice de référence, qui s’élève à 7,5 %. Cet indice sert de point de comparaison pour évaluer la performance de La Caisse : si elle avait simplement reproduit cet indice, son rendement aurait été de 7,5 %. Au 30 juin 2026, l’actif net de La Caisse, c’est-à-dire la valeur totale de ses placements, atteint 552 G$.
Parmi les différents types de placements gérés par La Caisse, le portefeuille des placements privés a enregistré la plus forte baisse au premier semestre 2026, avec un rendement de -4,3 %. Les placements privés désignent des investissements dans des entreprises non cotées en Bourse, comme des startups ou des sociétés en croissance, qui ne sont pas accessibles au grand public. Cet indice de référence, composé à moitié de titres publics (des obligations émises par des États ou des entreprises publiques), affiche lui un rendement de 8 %. La baisse des placements privés s’explique par plusieurs facteurs conjoncturels : une diminution du nombre de transactions, un accès limité aux levées de fonds (appels publics à l’épargne), et la hausse continue des taux d’intérêt (le coût de l’emprunt). De plus, certaines entreprises de secteurs vulnérables à l’intelligence artificielle (IA), comme les technologies, les assurances ou les services financiers, voient leur valeur diminuer en raison de cette révolution technologique.
À l’inverse des placements privés, les marchés boursiers ont connu une excellente performance au premier semestre 2026. Ce portefeuille a enregistré un rendement de 14,6 %, soit le meilleur résultat en 20 ans pour un premier semestre. Les marchés boursiers désignent les places financières où s’échangent les actions (parts) des entreprises cotées en Bourse. Ce rendement dépasse celui de son indice de référence, qui se situe à 13,6 %. Cette surperformance s’explique par un positionnement favorable dans les segments technologiques mondiaux, portés par l’engouement pour l’IA. Charles Emond, président et chef de la direction de La Caisse, souligne que les équipes de gestion ont su tirer profit de cette tendance. Les marchés boursiers sont donc le principal moteur de la performance globale de La Caisse pour cette période.
Malgré les pressions inflationnistes (la hausse générale des prix), le portefeuille d’infrastructures de La Caisse a une nouvelle fois affiché une excellente performance. Les infrastructures désignent des actifs essentiels comme des routes, des aéroports, des réseaux d’énergie ou des télécommunications, souvent gérés par des entreprises privées mais avec un rôle public. Ce portefeuille représente une partie de la stratégie de diversification de La Caisse, qui vise à répartir les risques entre différents types de placements. Avec un portefeuille global composé à 30 % de marchés boursiers (actions), La Caisse est moins exposée aux fluctuations des Bourses que des fonds 100 % actions. Cette diversification lui permet de mieux résister aux corrections majeures (baisses brutales des marchés), comme celle observée en 2022. L’objectif est de garantir des rendements stables et de payer les pensions chaque année, tout en maîtrisant les risques pour les déposants.
Deux éléments majeurs ont marqué le premier semestre 2026 et continueront d’être surveillés de près par La Caisse : le *conflit au Moyen-Orient* et l’*engouement pour l’intelligence artificielle*. Le conflit au Moyen-Orient, s’il persiste, pourrait avoir un impact significatif sur l’*inflation* (hausse des prix), en perturbant les chaînes d’approvisionnement et en faisant monter les prix de l’énergie. Quant à l’IA, son essor fulgurant a déjà fortement progressé les marchés boursiers, mais son impact sur certains secteurs (technologies, assurances, services financiers) pèse sur les placements privés. Charles Emond, président de La Caisse, explique que les *banques centrales* (comme la Banque du Canada ou la Réserve fédérale américaine) devront faire des choix difficiles : soit elles relèvent les *taux d’intérêt* pour lutter contre l’inflation, ce qui pourrait fragiliser l’emploi, soit elles les maintiennent bas pour soutenir l’économie, au risque d’aggraver l’inflation. Ces décisions auront un impact direct sur les marchés financiers dans les mois à venir.

