Manifestations en Europe : l’ONU dénonce les violences et met en garde contre la répression
De la France à la Belgique en passant par l'Italie, la colère sociale gagne plusieurs pays européens, portée notamment par une jeunesse exaspérée par la vie chère, la crise du logement et la dégradation des services publics. Mardi, le chef des droits humains à l’ONU a condamné les violences qui émaillent les manifestations, tout en s’inquiétant du recours excessif à la force par les autorités..
Depuis septembre 2026, plusieurs pays européens connaissent des mouvements de protestation massifs. En France, la mobilisation a débuté avec des étudiants dénonçant le manque de moyens dans l’enseignement, avant de s’élargir à la hausse des prix et à la dégradation des services publics. En Belgique, des lycéens ont rejoint des manifestations contre les mesures d’austérité du gouvernement fédéral. En Italie, les protestations visent le coût de la vie et les difficultés économiques, tandis qu’en Albanie, les étudiants dénoncent la corruption et le manque de perspectives. Au Portugal, la crise du logement a déclenché des campements à Lisbonne et Porto, démantelés par la police avec 55 arrestations. Ces mouvements reflètent des revendications variées mais communes : difficultés économiques, inégalités et insuffisance des services publics.
Les manifestations ont souvent dégénéré en affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre. En France, plus de 2 400 personnes ont été interpellées lors de rassemblements à Paris et Marseille, où des commerces ont été pillés et des bâtiments dégradés. En Belgique, près de 200 arrestations, dont plus de 25 mineurs, ont eu lieu à Bruxelles et Liège, avec des barricades et des véhicules incendiés. En Italie et en Albanie, les affrontements ont inclus des jets de pierres et de pyrotechnie contre des bâtiments publics, tandis que la police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé ces violences tout en mettant en garde contre une répression excessive, notamment contre des enfants.
Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a publié une déclaration le 20 octobre 2026 pour condamner les violences lors des manifestations en Europe, tout en rappelant le droit fondamental des citoyens à manifester pacifiquement. Il a insisté sur la nécessité pour les États de faciliter l’exercice de ce droit et de garantir que les interventions policières restent « légales, nécessaires et proportionnées ». Il a également demandé des enquêtes rapides et indépendantes sur les accusations d’usage illégal de la force, soulignant que les violences commises par certains manifestants ne justifient pas une répression aveugle. L’ONU appelle à un dialogue constructif entre les gouvernements et les citoyens pour répondre aux revendications sociales.
Derrière les violences, l’ONU identifie des causes structurelles communes à ces mouvements de protestation. Les revendications portent principalement sur la hausse du coût de la vie, l’accès difficile au logement, l’insuffisance des services publics et le creusement des inégalités. Les jeunes occupent une place centrale dans ces mobilisations, exprimant leur mécontentement face à des perspectives économiques et sociales jugées incertaines. Volker Türk a souligné que les réponses policières ne suffiraient pas à résoudre ces crises et a appelé les gouvernements à engager un dialogue de fond, notamment avec les jeunes, pour prendre des mesures concrètes sur l’éducation, le logement et la réduction des inégalités.

