NapseflowNapseflow
Recherche

Trump peut-il acheter les midterms ?

The Conversation France · mis à jour il y a 4 j

L’ESSENTIEL Donald Trump a promis 5 000 dollars à chaque citoyen des États-Unis si les républicains conservent la majorité au Congrès à l’issue des élections de mi-mandat du 3 novembre. Cette approche relève d’une « politique-business » propre au magnat new-yorkais : l’État est présenté comme une entreprise dont les citoyens sont les actionnaires, qui ont donc droit à un « dividende » quand l’État fait des bénéfices.

Promesse choc de Trump

Lors d’un meeting républicain à Dallas le 10 septembre 2026, Donald Trump a promis de verser 5 000 dollars (environ 4 500 euros) à chaque citoyen adulte des États-Unis si les républicains conservent la majorité au Congrès lors des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026. Cette annonce s’inscrit dans une stratégie de campagne où Trump se présente comme un chef d’entreprise, les États-Unis devenant une société dont les citoyens seraient les actionnaires. Il utilise le terme de « dividende » pour désigner cette somme, soulignant que les électeurs recevraient une récompense en échange de leur soutien politique. Cependant, cette promesse soulève immédiatement des questions sur sa faisabilité budgétaire et juridique, car un versement de cette ampleur nécessiterait l’accord du Congrès, ce que Trump n’a pas encore obtenu.

Un coût astronomique

Le coût total de cette promesse est estimé à près de 1 300 milliards de dollars, car les États-Unis comptent environ 260 millions d’adultes. À titre de comparaison, le budget annuel de la défense américaine pour 2027 est fixé à 1 150 milliards de dollars, ce qui montre l’ampleur financière de la proposition. Trump n’a pas détaillé comment financer cette somme, ni présenté de plan législatif concret. Cette absence de précision renforce les doutes sur la crédibilité de l’annonce. Par ailleurs, le gouvernement fédéral affiche déjà un déficit annuel d’environ 2 100 milliards de dollars, selon le Bureau du budget du Congrès américain (CBO). Une telle dépense risquerait d’aggraver ce déficit ou d’alimenter l’inflation, déjà sous tension aux États-Unis.

Politique-business trumpienne

Cette promesse illustre une approche que l’article qualifie de « politique-business », où Trump transforme des outils de politique publique en produits politiques immédiats. Par exemple, en 2025, il avait évoqué un « DOGE dividend » (DOGE signifiant Department of Government Efficiency), une idée de redistribution des économies réalisées par cette agence dirigée par Elon Musk. De même, il avait promis un « tariff dividend » en redistribuant une partie des recettes des droits de douane instaurés. Ces précédents montrent que Trump utilise régulièrement des promesses financières pour mobiliser son électorat, en présentant la politique comme un contrat : il promet des résultats économiques en échange de votes.

Réactions des électeurs

La promesse des 5 000 dollars pourrait avoir un impact psychologique, car elle touche directement au pouvoir d’achat des Américains, déjà fragilisé par l’inflation et la hausse du coût de la vie. Cependant, les sondages indiquent que peu d’électeurs y croient. Un sondage réalisé mi-septembre 2026 révèle que seuls 21 % des personnes interrogées estiment que Trump mettra cette promesse à exécution. Une autre enquête montre que 52 % des électeurs ne changent pas leur intention de vote à cause de cette annonce, tandis que 32 % déclarent qu’elle les rend moins enclins à voter républicain. Seuls 15 % affirment qu’elle pourrait les inciter à voter pour le parti de Trump. Ces chiffres suggèrent que la promesse pourrait, au mieux, mobiliser une partie de l’électorat républicain fidèle, mais aussi aliéner des électeurs modérés ou indépendants.

Risques politiques et économiques

Sur le plan politique, cette promesse place Trump au cœur de la campagne électorale, ce qui pourrait mobiliser son électorat de base mais aussi galvaniser l’opposition démocrate. Juridiquement, le versement ne constituerait pas un achat de vote, car il serait universel et indépendant du vote individuel. Cependant, politiquement, cette stratégie pourrait être perçue comme une instrumentalisation de l’État à des fins électorales. Sur le plan économique, une injection massive de liquidités dans une économie déjà tendue pourrait aggraver l’inflation. Enfin, le risque budgétaire est majeur : financer cette promesse nécessiterait soit une augmentation des recettes, soit une réduction drastique des dépenses, soit un endettement accru, ce qui est déjà un sujet de préoccupation pour les économistes.

Ce que ça pourrait changer

Les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 s’annoncent comme un référendum sur la politique de Trump. La question centrale n’est plus seulement de savoir si sa promesse de 5 000 dollars est réalisable, mais combien d’électeurs y croiront suffisamment pour voter républicain. Cette élection pourrait révéler si les Américains sont encore prêts à *« investir »* dans l’entreprise politique de Trump ou si, au contraire, ils jugent que les risques (économiques, politiques) dépassent les bénéfices promis. Le résultat déterminera si cette stratégie de *« politique-business »* peut encore porter ses fruits ou si elle s’avère contre-productive.

Sujets complémentaires
Mouvement lycéen : au-delà des revendications matérielles et de Parcoursup, un appel à rompre avec le « monde d’hier »
Le mouvement lycéen frappe par son ampleur, touchant des établissements jusqu’ici peu mobilisés. Au-delà d’un manque de moyens dans l’éducation, les manifestants dénoncent la pression d’un système toujours plus compétitif. Ce désir de « renverser la table » révèle l’urgence de repenser le dialogue démocratique, souligne le sociologue et ethnographe Romain Huët. Entretien. The Conversation : Le mouvement lycéen amorcé fin septembre 2026 a été qualifié d’inédit par nombre d’observateurs. Qu’est-ce qui le distingue de précédentes mobilisations de la jeunesse ? Romain Huët : Le premier point à signaler, c’est le caractère assez massif du mouvement. Des établissements qui, jusqu’à présent, n’avaient jamais fait l’objet de perturbations sont touchés. On a ainsi vu des universités ou des écoles privées où les conditions matérielles sont tout à fait satisfaisantes se mobiliser par solidarité. Cela montre que l’
Lecture : où sont les hommes ?
L’ESSENTIEL Dans les discours de déploration sur la lecture, les jeunes font figure de cibles privilégiées. Pourtant, il est une autre catégorie qui se distingue par des pratiques de lecture en berne : les hommes. Comment expliquer ce désinvestissement ? Et pourquoi les femmes s’intéressent-elles bien davantage à la lecture ? Un rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, publié en octobre 2025, fait le point sur les études montrant la faiblesse des performances des garçons en lecture par rapport aux filles. Et <a href="https://www.education.gouv.fr/depp/pisa-2025-les-acquis-des-eleves-de

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.