En RDC, deux traitements contre Ebola à l’essai
Depuis le 2 juillet, un essai clinique évalue l’efficacité de deux médicaments contre le virus Bundibugyo dans l’Ituri, en République démocratique du Congo. Alors que l’épidémie reste “en phase d’expansion” selon l’OMS, des soignants de la même province ont fait grève pour dénoncer des salaires impayés et de mauvaises conditions de travail..
En République démocratique du Congo (RDC), une épidémie d’Ebola sévit depuis plusieurs mois, avec 1 926 cas confirmés et 702 décès enregistrés au 12 juillet 2026. Cette épidémie est la pire jamais enregistrée dans le pays et a également touché l’Ouganda voisin, où au moins 20 cas et 2 décès ont été recensés au 7 juillet. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie la situation de « phase d’expansion », ce qui signifie que le nombre de cas continue d’augmenter. Ebola est un virus extrêmement contagieux qui provoque une fièvre hémorragique sévère, souvent mortelle. Il n’existe à ce jour ni vaccin ni traitement homologué pour y mettre fin, ce qui rend la situation particulièrement préoccupante pour les autorités sanitaires.
Face à l’urgence sanitaire, un essai clinique a été lancé le 2 juillet 2026 dans la province de l’Ituri, au nord-est de la RDC. Ce programme, appelé Partners, est coordonné par l’OMS et implique plusieurs institutions : l’Institut national de recherche biomédicale en RDC, l’Institut de médecine tropicale (IMT) d’Anvers en Belgique et l’Université d’Oxford au Royaume-Uni. Deux traitements sont testés : le remdesivir, un antiviral utilisé contre certains virus, et le MBP134, un anticorps monoclonal conçu pour cibler spécifiquement le virus Ebola et une autre souche appelée Ebola Bundibugyo. Selon le professeur Laurens Liesenborghs de l’IMT, ces médicaments ont déjà montré une efficacité sur des modèles animaux pour la souche Bundibugyo. L’objectif est d’améliorer la survie des patients infectés.
Le démarrage de l’essai clinique seulement six semaines après la déclaration officielle de l’épidémie par le gouvernement congolais est salué comme une performance exceptionnelle. La professeure Amanda Rojek, chercheuse principale du projet à l’Université d’Oxford, qualifie ce délai de « fantastique ». Cette rapidité s’explique par la collaboration internationale et la mobilisation des ressources humaines et financières. Cependant, l’efficacité réelle de ces traitements ne pourra être évaluée que dans plusieurs mois, une fois les résultats des essais obtenus. En attendant, les soignants et les patients restent en première ligne face à l’épidémie.
L’essai clinique et la lutte contre l’épidémie se heurtent à une crise sociale majeure : une grève des soignants, déclenchée le 24 juin 2026, qui s’est intensifiée du 7 au 16 juillet. Les médecins, infirmières et agents de santé communautaires dénoncent des salaires impayés et des conditions de travail précaires, notamment un manque d’équipements de protection individuelle (EPI) essentiels pour éviter la contamination. Le 6 juillet, les soignants de la province d’Ituri, directement concernée par l’épidémie, ont rejoint le mouvement. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a reconnu des « dysfonctionnements dans la gestion des ressources humaines » et promis des améliorations.
Sous la pression des grèves, le gouvernement congolais a engagé des discussions avec les syndicats de santé. Un consensus a été trouvé lors d’un Conseil des ministres le 10 juillet 2026, aboutissant à des mesures prioritaires pour améliorer les conditions de travail et les salaires des soignants. Ces avancées ont conduit la coordination des syndicats à lever le mouvement de grève. Cependant, la situation reste fragile, car les tensions sociales pourraient resurgir si les promesses ne sont pas tenues. Par ailleurs, le contexte sécuritaire dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu complique davantage la gestion de la crise sanitaire et sociale.

