Avec « Arrière-train fantôme », Marie Losier expose ses monstres d’amour
Pour sa nouvelle exposition, la cinéaste Marie Losier dévoile une autre facette de son travail : des portraits enamourés de ses proches, éparpillés façon puzzle, où la loufoquerie le dispute à l’étrangeté. Vous avez dit bizarre ?.
La cinéaste et artiste Marie Losier présente une nouvelle exposition intitulée « Arrière-train fantôme » à la galerie Anne Barrault à Paris. Cette exposition, ouverte du 5 septembre au 31 octobre 2026, révèle une facette différente de son travail artistique. Elle y expose des portraits de ses proches, réalisés à partir de collages et d’aquarelles, mêlant humour et étrangeté. Ces œuvres, décrites comme des « monstres d’amour », explorent la frontière entre réalité et imagination, entre loufoquerie et névrose. Losier y exprime son attachement à ses modèles, qu’elle représente avec une tendresse teintée d’excentricité, en s’inspirant de leur personnalité et de leurs rêves.
L’univers artistique de Marie Losier s’inscrit dans la lignée de l’underground new-yorkais et des journaux filmés de Jonas Mekas, un réalisateur connu pour son approche expérimentale et poétique du cinéma. Ses films, souvent tournés avec une caméra Bolex H16, mettent en scène des figures marginales ou emblématiques de la contre-culture, comme les musiciens Alan Vega, Genesis P-Orridge ou Peaches. Ces portraits cinématographiques, dépourvus de structure narrative classique, célèbrent l’intimité et l’excentricité de ses sujets. Dans « Arrière-train fantôme », Losier transpose cette approche dans le domaine de la peinture et du dessin, en utilisant des techniques comme les collages, les distorsions d’échelle et les couleurs diluées pour créer des œuvres à la fois naïves et dérangeantes.
Les œuvres exposées par Marie Losier se caractérisent par des techniques mixtes, combinant aquarelle, stylo, collage et détournements d’images. Ses dessins représentent des personnages aux proportions exagérées ou déformées, souvent entourés d’éléments fantastiques comme des requins, des lolcats (mèmes internet représentant des chats avec des légendes humoristiques), des lapins-monstres ou des références à des contes comme Blanche-Neige. Les couleurs sont douces et estompées, tandis que les traits, bien que semblant naïfs, révèlent une intention plus complexe : capturer l’essence psychologique de ses modèles. Losier utilise également des éléments symboliques, comme des ailes de chamane ou des pieds de loup-garou, pour évoquer des métamorphoses ou des états de transformation.
Au cœur des œuvres de Marie Losier se trouve une tension entre l’angoisse et l’euphorie, entre le réel et l’imaginaire. Ses créations, bien que monstrueuses en apparence, sont traversées par une profonde affection pour ses modèles, qu’elle représente avec humour et tendresse. L’artiste utilise le camp (un style exagéré, théâtral et souvent ironique, qui célèbre l’artifice) comme une forme de résistance face à la rigidité du monde contemporain. Ses détournements de pochettes de disques, où elle remplace les visages des musiciens par des diablotins espiègles, illustrent cette volonté de subvertir les codes établis. Pour Losier, l’amour et l’humour sont des moyens de conjurer les peurs, y compris celle de la mort, tout en défiant l’esprit de sérieux dominant dans la société.
L’exposition *« Arrière-train fantôme »* se tient à la galerie Anne Barrault, située à Paris. Elle est ouverte au public du 5 septembre au 31 octobre 2026, soit une durée totale de 57 jours. Cette exposition s’inscrit dans la continuité du travail de Marie Losier, qui alterne entre cinéma expérimental et arts visuels. La galerie Anne Barrault, connue pour promouvoir des artistes contemporains aux univers singuliers, accueille cette manifestation qui met en lumière la diversité des talents de Losier, à la fois cinéaste, peintre et dessinatrice.

