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Géopolitique

Au Yémen, le gouvernement croit en une “bataille décisive” contre les houthistes

Courrier International · mis à jour il y a 5 j

C’est une petite musique qui monte dans la presse yéménite, mais aussi saoudienne : le gouvernement internationalement reconnu du Yémen aurait enfin mis de l’ordre dans ses rangs et serait prêt à donner l’assaut pour libérer la capitale Sanaa de l’emprise de houthistes. Mais derrière les discours volontaires, des hésitations persistent..

Contexte du conflit

Le Yémen est en guerre depuis plusieurs années entre deux camps principaux : d’un côté, le gouvernement yéménite internationalement reconnu, soutenu par l’Arabie saoudite ; de l’autre, les houthistes, un groupe rebelle chiite qui contrôle environ un tiers du pays, dont la capitale Sanaa. Les houthistes, originaires du nord du Yémen, sont alliés à l’Iran, ce qui complique les relations régionales. Le conflit a débuté en 2014 lorsque les houthistes ont pris le pouvoir à Sanaa, forçant le gouvernement à s’exiler. Depuis, la guerre s’est internationalisée, avec des interventions militaires directes de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, qui soutiennent des factions différentes au Yémen. En 2026, la situation reste tendue, avec des combats persistants pour le contrôle du pays.

Annonce d’une offensive

Le 26 août 2026, le quotidien yéménite Al-Ayyam annonce que l’armée yéménite, soutenue par l’Arabie saoudite, passe à une phase offensive contre les houthistes. Le gouvernement yéménite affirme avoir renforcé son unité et amélioré la coordination entre ses forces, ce qui lui permettrait de lancer une bataille décisive pour reprendre Sanaa. Cette annonce est relayée par des médias saoudiens comme Arab News et Okaz, qui évoquent une reprise prochaine de la capitale. Le vice-président du gouvernement yéménite, Abdullah Al-Alimi Bawazir, déclare que les divisions internes, autrefois alimentées par les rivalités entre l’Arabie saoudite et les Émirats, ont été surmontées. Cependant, ces déclarations doivent être prises avec prudence, car des hésitations persistent dans les rangs gouvernementaux.

Enjeux régionaux

L’Arabie saoudite joue un rôle central dans ce conflit, en soutenant militairement et financièrement le gouvernement yéménite. Depuis le début de l’année 2026, Riyad a repris le contrôle de la stratégie au Yémen, écartant progressivement les Émirats arabes unis, qui soutenaient auparavant des groupes rivaux. Cette réorganisation vise à unifier les forces anti-houthistes, mais elle s’accompagne aussi de risques, notamment en mer Rouge, où les houthistes multiplient les attaques contre des navires saoudiens, perturbant les routes commerciales. La sécurité de cette zone stratégique, notamment le détroit de Bab El-Mandeb, est devenue un enjeu majeur pour la région.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les annonces optimistes, plusieurs obstacles subsistent pour le gouvernement yéménite. Les divisions internes au sein de ses forces, bien que réduites, n’ont pas totalement disparu. De plus, les houthistes, bien que moins soutenus qu’auparavant, restent une force militaire redoutable, contrôlant des territoires clés et bénéficiant d’un réseau de soutien local. Les médias locaux et internationaux soulignent que les déclarations sur une *bataille décisive* pourraient être motivées par des calculs politiques ou médiatiques, plutôt que par une réelle capacité à renverser la situation. Enfin, la population civile, déjà éprouvée par des années de guerre, risque de subir les conséquences d’une intensification des combats.

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