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ENVIRONNEMENT

«Nous nous sommes auto-saisis» : l’Assemblée citoyenne de Jean-Marc Jancovici est lancée et compte peser sur la présidentielle

Source unique·il y a 4 h

L’initiative « Un commun accord », lancée par Jean-Marc Jancovici, marque une tentative inédite de mobilisation citoyenne pour dépasser les blocages climatiques et économiques, en s’appuyant sur une assemblée tirée au sort. Portée par un financement participatif record et une promesse de neutralité politique, cette démarche interroge la capacité des citoyens à produire des compromis légitimes dans un contexte électoral tendu. Mais son succès dépendra de sa capacité à fédérer au-delà des cercles militants, dans un paysage où les conventions citoyennes précédentes ont souvent déçu par leur faible impact sur les décisions publiques.

Quel est le mandat précis de l’assemblée citoyenne « Un commun accord » et en quoi diffère-t-il de la Convention citoyenne pour le climat ?

L’assemblée est chargée de répondre à une question ouverte — « Au 21ème siècle, pouvons-nous encore espérer tout avoir ? » — et de proposer des compromis sur des dilemmes concrets (logement, mobilité, énergie, etc.), sans cadre prédéfini comme celui de la Convention citoyenne pour le climat, qui devait réduire les émissions de GES de 40 % d’ici 2030. Contrairement à cette dernière, initiée par le gouvernement, « Un commun accord » est une démarche auto-saisie par la société civile, avec pour objectif de peser sur le débat présidentiel de 2027 en rendant ses conclusions publiques les 6 et 7 février 2027.

Quels sont les acteurs clés derrière cette initiative et quelle est leur légitimité ?

L’initiative est portée par Jean-Marc Jancovici, ingénieur et figure médiatique connue pour ses positions pro-nucléaire et ses critiques envers le traitement médiatique du climat, ainsi que par des « shifters » du Shift Project (sans que cette association ne soit officiellement partie prenante). Le financement repose sur deux piliers : un crowdfunding ayant atteint 2,6 millions d’euros (porté par plus de 200 000 contributeurs) et 2 millions supplémentaires issus de donateurs privés proches de Jancovici, sous une charte de non-ingérence. Des personnalités variées (artistes, scientifiques, militaires) soutiennent publiquement l’opération, mais leur implication ne garantit pas son indépendance.

Quels sont les risques de récupération politique ou médiatique de cette assemblée citoyenne ?

Jancovici s’est engagé à ne plus intervenir après la première session et à se retirer de toute fréquentation des candidats pour éviter les ambiguïtés, mais son aura médiatique et ses prises de position passées (notamment sur le nucléaire) pourraient influencer la perception des travaux. Par ailleurs, l’absence de garantie que les conclusions seront reprises par les candidats — contrairement à une convention officielle — expose l’initiative à une instrumentalisation ou à un rejet si les résultats déçoivent. Le précédent de la Convention citoyenne pour le climat, dont 78 des 146 préconisations ont été partiellement intégrées avant d’être « détricotées », rappelle cette fragilité.

Comment l’assemblée citoyenne compte-t-elle légitimer ses propositions auprès du grand public et des décideurs ?

La légitimité repose sur deux leviers : la représentativité des 156 participants (tirés au sort selon des critères socio-démographiques variés) et l’engagement d’un large public via la plateforme de financement participatif, qui héberge déjà plus de 50 000 commentaires. L’objectif est d’atteindre un nombre de contributeurs bien supérieur à 200 000 pour donner une assise populaire aux conclusions. Les organisateurs misent aussi sur la transparence des travaux et la diversité des expertises mobilisées (économie, climat, géopolitique) pour crédibiliser les propositions.

Ce que ça pourrait changer

Si « Un commun accord » parvient à produire des compromis perçus comme équilibrés et à mobiliser une base large, elle pourrait relancer le débat sur la place des citoyens dans les politiques climatiques, en dehors des cadres institutionnels traditionnels. À l’inverse, un échec en termes de légitimité ou de médiatisation risquerait d’alimenter le scepticisme envers les assemblées citoyennes, déjà affaibli par les déceptions passées. Le timing, à quelques mois de la présidentielle, ajoute une pression inédite : les propositions devront être suffisamment robustes pour s’imposer dans un débat électoral déjà polarisé.

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