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Droit

Défenseurs des droits : l’ONU alerte sur les représailles

ONU : Droits humains · mis à jour il y a 4 j

Militants, avocats, journalistes, syndicalistes et victimes de violations des droits de l’homme continuent d’être pris pour cible pour avoir coopéré, ou tenté de coopérer, avec les Nations Unies. Dans un nouveau rapport publié mercredi, le Secrétaire général de l’ONU appelle les États à mieux protéger ces acteurs et à garantir que les responsables de représailles rendent des comptes..

Qui sont les cibles ?

Entre le 1er mai 2025 et le 30 avril 2026, l’ONU a recensé des cas d’intimidation et de représailles dans 32 États à l’encontre de plusieurs groupes. Les victimes incluent des défenseurs des droits de l’homme, des représentants de la société civile, des journalistes, des avocats, des syndicalistes ainsi que des personnes ayant subi des violations de leurs droits fondamentaux. Ces actes visent aussi leurs proches, créant une logique de pression systémique. Les défenseurs des droits de l’homme sont des individus ou des groupes qui luttent pour faire respecter les libertés fondamentales, comme la liberté d’expression ou l’égalité. La société civile désigne l’ensemble des acteurs non gouvernementaux, comme les associations ou les syndicats, qui agissent pour l’intérêt général. Les représailles désignent ici des actions punitives ou coercitives prises contre ces personnes en raison de leur engagement.

Quels actes commis ?

Les méthodes utilisées pour intimider ou punir ces personnes sont variées et souvent brutales. L’ONU recense des détentions arbitraires, des agressions physiques, des menaces, du harcèlement en ligne, une surveillance accrue, des restrictions de déplacement et même la confiscation de passeports. Dans certains cas, les proches des victimes sont également pris pour cible. Ces actes visent à dissuader toute velléité de résistance ou de dialogue avec les instances internationales. Une détention arbitraire signifie une privation de liberté sans base légale ou sans procédure régulière. Le harcèlement en ligne (ou cyberharcèlement) consiste à utiliser internet pour humilier, menacer ou nuire à une personne. La surveillance peut être physique ou numérique, comme l’espionnage des communications ou des déplacements.

Un climat de peur généralisé

L’ONU souligne que les cas documentés ne représentent qu’une partie de la réalité, car de nombreuses victimes renoncent à signaler les représailles par crainte d’aggraver leur situation. D’autres demandent à rester anonymes pour éviter des représailles supplémentaires. Ce silence s’explique par un climat de peur généralisé, alimenté par la réduction de l’espace civique et l’intensification de la surveillance, tant en ligne qu’hors ligne. L’espace civique désigne la liberté pour les citoyens et les associations d’agir, de s’exprimer et de s’organiser sans ingérence excessive de l’État. La surveillance accrue, notamment via les technologies numériques, permet aux autorités ou à des acteurs malveillants de contrôler les actions et les communications des défenseurs des droits.

Des représailles transfrontalières

Une tendance alarmante se dégage : les représailles ne se limitent plus aux frontières nationales. Entre mai 2025 et avril 2026, au moins 43 personnes et quatre organisations ont été ciblées en dehors de leur pays d’origine. Ces actes incluent des surveillances, des menaces, des détentions arbitraires, des agressions physiques, du harcèlement en ligne, des restrictions de déplacement ou la confiscation de documents de voyage. Les technologies numériques jouent un rôle central dans ces pratiques, servant à surveiller, intimider ou réduire au silence les défenseurs des droits. Par exemple, un militant basé dans un pays démocratique pourrait être harcelé en ligne depuis un autre continent, rendant la protection juridique plus complexe.

Lois détournées contre la société civile

Plus de la moitié des 32 États mentionnés dans le rapport ont adopté, modifié ou appliqué des lois qui criminalisent ou restreignent les activités de la société civile. Ces législations, souvent présentées comme des mesures de sécurité ou de lutte contre le terrorisme, sont parfois détournées pour limiter l’action des défenseurs des droits. Par exemple, des lois contre la cybercriminalité ou la sécurité nationale sont utilisées pour justifier des restrictions disproportionnées. Les jeunes militants, les femmes, les défenseurs de l’environnement et les peuples autochtones sont particulièrement exposés. L’ONU considère que ces pratiques sapent les fondements mêmes des droits humains et entravent le dialogue avec les mécanismes internationaux.

Intimidation même à l’ONU

Les tentatives d’intimidation ne se limitent pas aux États : elles peuvent aussi viser la participation aux travaux de l’ONU. Le rapport signale des pratiques visant à empêcher ou compliquer la présence de représentants de la société civile aux réunions de l’Organisation. Cela inclut le blocage ou le retard des accréditations, ainsi que le harcèlement de participants sur place. Des experts indépendants des droits de l’homme, comme ceux des procédures spéciales de l’ONU, ont également été ciblés. Les procédures spéciales sont des mécanismes créés par l’ONU pour examiner des situations spécifiques de violations des droits humains dans le monde. Ces actes visent à dissuader d’autres acteurs de coopérer avec l’ONU, ce qui affaiblit la défense des droits fondamentaux à l’échelle mondiale.

Ce que ça pourrait changer

Les représailles ont des conséquences bien au-delà des personnes directement touchées : elles peuvent dissuader d’autres individus ou organisations de collaborer avec l’ONU et ses mécanismes de défense des droits. Face à cette situation, le rapport recense des initiatives pour renforcer la participation de la société civile aux travaux de l’ONU. Il s’agit notamment d’améliorer la prévention des représailles, de protéger les victimes et de garantir que les responsables soient tenus de rendre des comptes. Claudia Fuentes Julio, Sous-Secrétaire générale aux droits de l’homme, insiste sur l’importance d’une coopération libre et sûre entre la société civile et l’ONU pour faire progresser les droits humains dans le monde. Elle appelle tous les États à protéger ceux qui collaborent avec l’Organisation.

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