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Géopolitique

Comment “Undertone” se sert du “sound design” pour terrifier les spectateurs

Courrier International · mis à jour il y a 15 j

Dans ce film d’horreur canadien, sorti en France le 12 août, une podcasteuse s’occupe de sa mère en fin de vie lorsqu’elle reçoit des fichiers audio hantés. Premier long-métrage d’Ian Tuason, “Undertone” joue habilement sur l’immersion sonore pour faire son effet.

Undertone : un film d'horreur

Le film Undertone est un long-métrage d'horreur canadien réalisé par Ian Tuason, sorti en France le 12 août 2026 après une première diffusion en Amérique du Nord au printemps de la même année. L'histoire suit Evy, une podcasteuse spécialisée dans le surnaturel, qui s'occupe de sa mère en fin de vie dans la maison familiale. Le film explore une idée originale : et si des fichiers audio pouvaient être hantés ? Cette question sert de point de départ à une intrigue où Evy et son ami Justin reçoivent des enregistrements inquiétants d'un couple prétendument possédé par des forces démoniaques. Le réalisateur a puisé dans son expérience personnelle pour développer ce projet, notamment lors du confinement de la pandémie où il a dû s'installer chez ses parents.

Le sound design, clé de la terreur

Le film repose sur une utilisation habile du sound design, une technique qui consiste à créer et à manipuler les sons pour renforcer l'immersion et l'émotion dans une œuvre audiovisuelle. Dans Undertone, le sound design joue un rôle central dans la construction de l'atmosphère angoissante. Les fichiers audio reçus par Evy brouillent les frontières entre réalité et fiction, plongeant le spectateur dans une tension permanente. Contrairement aux films d'horreur classiques qui misent souvent sur des effets visuels ou des musiques de fond, Undertone utilise le son comme principal vecteur de peur. Les enregistrements, conçus pour être terrifiants, deviennent des éléments actifs de l'intrigue, semant le doute et amplifiant l'angoisse chez les personnages et le public.

Un podcast et des fichiers maudits

L'héroïne, Evy, anime un podcast sur le surnaturel, ce qui lui permet de s'évader temporairement de la réalité pesante de la maladie de sa mère. Ce podcast sert de cadre narratif pour introduire les fichiers audio maudits qui déclenchent l'intrigue. Ces enregistrements, reçus par Evy et Justin, proviennent d'un couple semblant en proie à des forces démoniaques. L'idée centrale du film est que l'écoute de ces fichiers pourrait avoir des conséquences surnaturelles, voire libérées des forces maléfiques. Le réalisateur Ian Tuason a transformé un projet initialement envisagé comme une fiction radiophonique en un film, exploitant ainsi le potentiel du son pour créer une expérience immersive et angoissante.

L'immersion par le son

Le sound design dans Undertone ne se limite pas à ajouter des bruits ou une musique de fond. Il s'agit d'une approche artistique où chaque son est pensé pour influencer la perception du spectateur. Les fichiers audio reçus par les personnages sont conçus pour créer une sensation de malaise, avec des voix déformées, des bruits inexplicables ou des silences oppressants. Cette technique exploite le fait que l'ouïe est un sens particulièrement sensible aux émotions. Le film utilise cette particularité pour rendre l'horreur plus tangible, car le spectateur est constamment en alerte, comme s'il était lui-même exposé à ces enregistrements maudits. Le réalisateur a ainsi fait de l'immersion sonore un outil narratif puissant.

Ce que ça pourrait changer

Ian Tuason, le réalisateur de *Undertone*, a puisé dans son expérience personnelle pour écrire et réaliser ce film. Pendant la pandémie, il a dû s'installer dans la maison de ses parents, une situation qui a nourri l'inspiration du film. Le contexte de la maladie de la mère d'Evy et l'isolement des personnages reflètent cette période de confinement et d'incertitude. Tuason a également évoqué une lecture de référence à Hollywood pour développer son approche du *sound design*, montrant comment une expérience personnelle peut se transformer en une œuvre cinématographique percutante. Son premier long-métrage marque ainsi une exploration audacieuse des limites entre réalité et surnaturel.

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