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Culture

Notre hommage à Dolly Parton, de « 9 to 5 » à « Buffy »

Trois Couleurs · mis à jour 5 oct.

Reine de la country, icône gay et figure flamboyante de la pop culture américaine, Dolly Parton, disparue le 25 août dernier, était connue pour sa voix unique (et ses brushings impressionnants). Mais derrière les tubes et les paillettes se cache aussi une étonnante carrière d’actrice et de productrice à Hollywood, marquée par l’engagement féministe..

Dolly Parton, icône multifacette

Dolly Parton, disparue en août 2026 à l’âge de 77 ans, était une figure majeure de la culture américaine, connue pour sa carrière de chanteuse de country et son apparence flamboyante marquée par des brushings volumineux, des tenues scintillantes et un maquillage outrancier. Au-delà de son image de star glamour, elle a également marqué l’industrie du cinéma et de la télévision en tant qu’actrice, productrice et compositrice. Son engagement féministe, souvent discret mais constant, transparaissait dans ses rôles et ses productions. Elle a notamment composé la chanson 9 to 5, devenue un tube en 1980, qui a donné son titre à un film où elle incarnait Doralee Rhodes, une secrétaire luttant contre le harcèlement sexuel au travail. Son influence s’étendait aussi à la communauté LGBTQ+, où elle était considérée comme une icône.

Féminisme et solidarité

Dans ses rôles au cinéma, Dolly Parton a systématiquement mis en avant des personnages féminins solidaires et puissants, souvent en réaction à un système patriarcal. Dans 9 to 5 (1981), elle incarne une secrétaire qui, avec deux collègues jouées par Jane Fonda et Lily Tomlin, se rebelle contre son patron harceleur et impose des changements radicaux pour améliorer les conditions de travail des femmes. Ce film, devenu culte, illustre son approche concrète du féminisme : la solidarité entre femmes n’est pas un discours théorique, mais une action collective. Quarante ans plus tard, les trois actrices se sont retrouvées dans la série Grace and Frankie (2022), où l’entraide féministe reste centrale. Dans The Best Little Whorehouse in Texas (1982), elle joue Miss Mona, patronne d’une maison close menacée par un journaliste moralisateur, protégeant une communauté de femmes. Ces rôles montrent que son exubérance et sa bienveillance vont de pair, sans jamais exclure les autres femmes.

Féminité et bienveillance

Dolly Parton a souvent été réduite à des clichés de féminité spectaculaire, avec sa blondeur platine, sa poitrine généreuse et ses tenues étincelantes. Pourtant, son interprétation de ces codes ne relevait ni de la compétition ni de l’auto-exploitation. Au contraire, ses personnages incarnaient une féminité généreuse et inclusive. Dans Steel Magnolias (1990), elle joue Truvy Jones, propriétaire d’un salon de beauté en Louisiane, où un groupe de femmes (dont Sally Field, Julia Roberts et Shirley MacLaine) se soutiennent mutuellement à travers les épreuves de la vie. Son personnage, marqué par un sourire contagieux et une bonhomie naturelle, désamorçait toute rivalité. Dans Straight Talk (1992), elle incarne Shirlee Kenyon, une femme qui, par hasard, devient animatrice radio et conseillère empathique, opposée aux experts traditionnels. Ces rôles soulignent une constante : Dolly Parton a toujours brouillé les frontières entre son personnage et sa persona publique, rendant ses rôles à la fois drôles et mélancoliques.

Productrice influente

En 1985, Dolly Parton a cofondé avec son manager Sandy Gallin la société Sandollar Productions, devenant ainsi une actrice discrète mais influente de l’industrie audiovisuelle américaine. Cette entreprise a produit plusieurs films et séries marquants, comme Father of the Bride (1991), Sabrina (1996, remake du film de Billy Wilder avec Harrison Ford), et surtout Buffy the Vampire Slayer (1992, film) puis la série culte Buffy contre les vampires (1997-2003), ainsi que son spin-off Angel (1999-2004, 110 épisodes). Son implication dans Buffy peut surprendre, car les deux univers semblent éloignés, mais un point les unit : une féminité codifiée qui devient une source de puissance. Sarah Michelle Gellar, interprète de Buffy, a d’ailleurs rendu hommage à Dolly Parton après sa mort, soulignant l’importance de son rôle dans l’histoire de la série. Cette carrière de productrice révèle une facette méconnue de son rapport à Hollywood : elle a contribué à créer des personnages féminins complexes et autonomes, loin des stéréotypes traditionnels.

Ce que ça pourrait changer

Dolly Parton a laissé une empreinte durable dans le cinéma et la télévision, notamment pour sa représentation des femmes comme des figures à la fois fortes et bienveillantes. Ses personnages, souvent excentriques et drôles, n’étaient jamais réduits à des clichés ou à des rôles secondaires. Dans *Steel Magnolias*, elle résume d’ailleurs sa philosophie : *« Le rire mêlé aux larmes est l’émotion que je préfère. »* Cette citation reflète sa capacité à mêler humour et mélancolie, tout en mettant en avant la solidarité féminine. Son engagement féministe, bien que rarement théorisé, était ancré dans ses choix artistiques et professionnels. Elle a ainsi contribué à façonner une image des femmes à l’écran qui alliait puissance, authenticité et empathie, tout en restant accessible et populaire. Son héritage dépasse le cadre du divertissement pour toucher à une vision plus large de la représentation féminine dans la culture.

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