ChatGPT et OpenAI au cœur d’une plainte après une tuerie dans une école au Canada
Le 10 février dernier, une fusillade a éclaté dans l’école secondaire de Tumbler Ridge, une petite ville de la province canadienne de Colombie-Britannique. La tireuse de 18 ans a tué huit personnes, avant de se donner la mort.
Le gouvernement de la Colombie-Britannique, une province canadienne située sur la côte ouest du pays, et le district scolaire de l’école de Tumbler Ridge ont déposé une plainte au civil contre OpenAI et son PDG Sam Altman le 28 septembre 2026. Cette plainte fait suite à une tuerie survenue dans une école de Tumbler Ridge le 10 février 2026, où une personne a causé des victimes. Les plaignants demandent une indemnisation pour couvrir les frais liés à l’intervention policière, les soins médicaux et psychologiques des victimes, la démolition de l’école endommagée, la construction d’un nouvel établissement ainsi que d’un centre de bien-être communautaire. Ils réclament également des dommages-intérêts punitifs et des modifications pour le chatbot ChatGPT, développé par OpenAI.
En juin 2025, soit huit mois avant la tuerie, les systèmes automatisés d’OpenAI ont détecté des conversations entre ChatGPT et Jesse Van Rootselaar, la future tireuse, évoquant des scénarios de violence impliquant des armes. OpenAI a suspendu le compte de l’utilisatrice après un examen humain, mais n’a pas alerté la police, la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Ann O’Leary, vice-présidente des affaires publiques mondiales d’OpenAI, a justifié cette décision dans une lettre du 26 février 2026 adressée au ministre canadien de l’IA et de l’Innovation numérique, Evan Solomon. Elle a expliqué qu’OpenAI n’avait pas jugé le projet suffisamment crédible ou imminent pour justifier un signalement aux forces de l’ordre. Sam Altman, PDG d’OpenAI, a présenté des excuses officielles à la communauté de Tumbler Ridge fin avril 2026, reconnaissant explicitement cette omission, mais sans assumer de responsabilité juridique.
David Eby, alors Premier ministre de la Colombie-Britannique, a qualifié les excuses de Sam Altman de « nécessaires, mais largement insuffisantes ». Selon la plainte, des membres de l’équipe d’OpenAI chargés d’examiner les conversations auraient identifié un « risque crédible et précis de préjudice pour autrui » et recommandé un signalement à la police. Ces allégations s’appuient sur une enquête du Wall Street Journal. Cependant, OpenAI a refusé de transmettre les échanges entre ChatGPT et la tueuse aux autorités provinciales, invoquant le respect de l’enquête en cours. La GRC, quant à elle, a confirmé avoir reçu ces conversations dans le cadre de ses investigations, sans préciser leur contenu.
La Colombie-Britannique et le conseil scolaire demandent au tribunal d’imposer à OpenAI plusieurs mesures pour renforcer la sécurité de ChatGPT. Parmi ces demandes figurent l’interruption ou le désamorçage automatique des conversations violentes, la détection des projets violents, l’empêchement du contournement des règles de sécurité et l’alerte immédiate des forces de l’ordre en cas de menace crédible. Ils exigent également l’affichage d’avertissements clairs sur les limites des dispositifs de sécurité, des exclusions durables pour les utilisateurs bannis pour usage violent et l’interdiction absolue pour ChatGPT d’aider un utilisateur à commettre un acte violent. Enfin, ils réclament des audits trimestriels vérifiables pour contrôler l’efficacité de ces mesures.
Cette plainte n’est pas la seule action en justice contre OpenAI dans cette affaire. Trente-sept autres procédures ont déjà été engagées en Californie par des victimes, leurs familles et des membres du personnel scolaire. La plainte de la Colombie-Britannique souligne un schéma récurrent : les mesures de protection sont mises en place *après* un incident, sans pour autant empêcher sa répétition. Par exemple, après une fusillade en Floride en 2025, OpenAI avait adopté des dispositifs censés réduire les risques, mais ceux-ci se sont avérés inefficaces à Tumbler Ridge. La province accuse OpenAI de ne pas avoir appliqué ou renforcé suffisamment ses propres règles internes pour éviter cette tragédie.

