90 % des articles de recherche qui défendent les aliments ultra-transformés ont des liens avec l'industrie
Une revue systématique a passé au crible 69 articles critiquant la classification NOVA des aliments ultra-transformés. 91 % comptent au moins un auteur lié financièrement à l’industrie agroalimentaire.
En septembre 2026, une étude de l’Oregon Research Institute a révélé que 68,5 % des auteurs d’articles scientifiques défendant les aliments ultra-transformés entretiennent des liens financiers avec l’industrie agroalimentaire. Cette analyse a porté sur 232 chercheurs ayant publié entre 2009 et 2025. Parmi eux, 91 % des 69 articles étudiés, qui contestaient la classification NOVA des aliments ultra-transformés, comptaient au moins un auteur lié à des fabricants de produits alimentaires. Ces liens financiers, souvent non déclarés dans les articles, ont été identifiés en examinant les profils publics des chercheurs, comme ceux sur LinkedIn. Erica LaFata, autrice principale de l’étude, souligne que cette proportion est « frappante » et remet en question l’indépendance de ces recherches.
La classification NOVA, proposée en 2009 par l’épidémiologiste brésilien Carlos Monteiro, classe les aliments en quatre groupes selon leur niveau de transformation. Les aliments ultra-transformés (AUT) incluent des produits comme les chips, les sodas ou les plats préparés, souvent riches en additifs, en sucres, en graisses et en sel. Cette classification est utilisée par des autorités sanitaires mondiales pour évaluer les risques pour la santé. Cependant, 71 % des liens entre les chercheurs et l’industrie n’apparaissent que dans leurs biographies publiques ou leurs profils en ligne, et non dans les articles eux-mêmes. Certains chercheurs critiquent cette classification pour son manque de précision, estimant qu’elle est trop large et inclut des produits comme le fromage ou le bacon, qui ont des bénéfices nutritionnels malgré leur transformation.
Aux États-Unis, le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr. souhaite limiter les aliments ultra-transformés, mais ses propositions se heurtent à des blocages politiques. La Maison-Blanche craint que la définition proposée ne couvre une part trop importante de l’offre alimentaire, ce qui pourrait faciliter des poursuites judiciaires contre les fabricants. Sans une définition officielle, les autorités ne peuvent ni restreindre ces produits dans les cantines scolaires ni imposer un étiquetage d’avertissement. La Consumer Brands Association, un lobby de l’industrie agroalimentaire, a soumis un commentaire hostile aux régulateurs, appuyé par des dizaines d’études financées par des entreprises du secteur.
L’industrie agroalimentaire utilise des tactiques comparables à celles du lobby du tabac dans les années 1960, où des chercheurs étaient financés pour contester le lien entre tabagisme et cancer. Des études indépendantes ont depuis associé les aliments ultra-transformés à des risques accrus de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’obésité. Ces résultats sanitaires poussent les autorités à envisager des restrictions. Cependant, certaines critiques méthodologiques de la classification NOVA restent légitimes, bien que le système reste la référence pour les autorités sanitaires mondiales. La *FDA* américaine n’a pas encore adopté de position officielle sur le sujet.

