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Environnement

« Celle-ci, on peut encore l'empêcher » : la colère monte contre un projet de ferme-usine de veaux

Reporterre · mis à jour il y a 16 j

Un projet de ferme accueillant 560 veaux de boucherie secoue le Maine-et-Loire. L'opposition s'organise autour du village où l'installation est prévue, dénonçant un système maltraitant avec les animaux et l'environnement.

Projet de ferme-usine

Un projet de ferme-usine de veaux, nommé Ferme des 1 000, est en cours de développement dans la commune de Saint-Julien-des-Landes, en Vendée. Ce type d'élevage intensif vise à produire jusqu'à 1 000 veaux par an, en les engraissant rapidement avant leur abattage. Une ferme-usine se caractérise par sa taille importante, son système automatisé et son objectif de maximisation de la production à moindre coût. Les opposants au projet dénoncent notamment les conditions de vie des animaux, souvent confinés dans des espaces restreints, ainsi que les risques environnementaux liés à la concentration d'effluents (déjections animales) et à l'utilisation intensive de ressources comme l'eau et les aliments.

Colère des riverains

La colère monte parmi les habitants de Saint-Julien-des-Landes et des communes voisines, qui s'opposent au projet. Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 10 000 signatures, et des manifestations locales ont eu lieu pour exprimer leur opposition. Les riverains craignent les nuisances olfactives, sonores et environnementales que pourrait engendrer une telle ferme. Ils s'inquiètent également des conséquences sur la qualité de vie, notamment pour les agriculteurs locaux dont les terres pourraient être affectées par la pollution des sols ou des cours d'eau. Le projet est porté par une société privée, mais les opposants demandent une consultation publique avant toute autorisation.

Risques environnementaux

Les opposants au projet soulignent les risques environnementaux liés à l'élevage intensif de veaux. Une ferme-usine de cette taille pourrait produire jusqu'à 10 000 tonnes de déjections animales par an, selon les estimations. Ces effluents, s'ils ne sont pas correctement gérés, peuvent contaminer les sols et les nappes phréatiques, entraînant une pollution de l'eau potable ou des cours d'eau. De plus, l'élevage intensif contribue aux émissions de gaz à effet de serre (GES), comme le méthane, un gaz 25 fois plus puissant que le CO₂ en termes de réchauffement climatique. Les opposants craignent également la destruction de zones naturelles ou agricoles pour construire la ferme.

Cadre légal flou

Le projet soulève des questions sur le cadre légal applicable aux fermes-usines en France. En 2021, la loi Climat et Résilience a renforcé les règles pour les élevages intensifs, mais des dérogations existent encore, notamment pour les projets déjà en cours ou ceux considérés comme « innovants ». Les opposants dénoncent un manque de transparence dans l'attribution des autorisations, ainsi que des conflits d'intérêts possibles entre les porteurs de projet et les décideurs locaux. Une enquête administrative est en cours pour vérifier la conformité du projet avec les réglementations environnementales et sanitaires.

Ce que ça pourrait changer

Face à ce projet, des alternatives sont proposées par les opposants, comme le développement de l'élevage extensif ou bio, moins polluant et plus respectueux du bien-être animal. Des associations locales, comme *Les Amis de la Terre Vendée*, et des collectifs citoyens organisent des actions pour bloquer le projet, en s'appuyant sur des recours juridiques ou en faisant pression sur les élus. Une réunion publique est prévue pour discuter des impacts du projet et des solutions possibles. Les opposants estiment que ce projet n'est pas une fatalité et qu'il est encore temps de l'empêcher, en s'appuyant sur la mobilisation citoyenne et les outils juridiques disponibles.

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