En Tunisie, une canicule et des coupures de courant en série : “l’État s’en lave les mains”
Depuis près de deux semaines, la Tunisie fait face à une canicule dantesque, avec des températures frôlant les 50 degrés dans le centre du pays. Mais la population vit désormais au rythme des coupures d’électricité décidées par la société nationale de l’électricité et du gaz.
En juillet 2026, la Tunisie subit une vague de chaleur exceptionnelle avec des températures atteignant 47 °C à Tunis et 49 °C à Kairouan. Ces conditions climatiques extrêmes durent depuis près de deux semaines et aggravent une situation déjà tendue pour la population. Les vagues de chaleur en Tunisie sont des épisodes météorologiques caractérisés par des températures anormalement élevées pendant plusieurs jours consécutifs, souvent accompagnés d’un fort ensoleillement. Ces phénomènes sont de plus en plus fréquents et intenses en raison du changement climatique. La canicule de 2026 est particulièrement marquée, avec des records de température dépassant les moyennes saisonnières de plusieurs degrés. Les autorités tunisiennes, comme le site Kapitalis, soulignent l’urgence de la situation et les difficultés rencontrées par les habitants pour faire face à ces conditions extrêmes.
Face à la hausse de la demande en électricité, causée notamment par l’utilisation massive des climatiseurs pendant la canicule, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) a mis en place des coupures programmées, appelées délestages. Ces interruptions de courant, qui peuvent durer entre une demi-heure et plusieurs heures, surviennent une ou plusieurs fois par jour dans différentes zones du pays. La Steg est une entreprise publique tunisienne responsable de la production, du transport et de la distribution de l’électricité et du gaz dans le pays. Selon son PDG, Faycel Tarifa, la demande en électricité a augmenté de près de 30 % pendant la canicule, mais la production ne parvient pas à suivre, créant un déficit énergétique estimé à 400 MW lors des pics de consommation. Les délestages sont présentés comme une mesure temporaire pour éviter une panne généralisée du réseau électrique.
Les coupures d’électricité et la gestion de la crise par la Steg suscitent un mécontentement croissant parmi la population tunisienne. Sur les réseaux sociaux, la Steg est souvent désignée comme le coupable idéal, accusée de ne pas anticiper suffisamment les besoins en électricité malgré des alertes répétées. Le site indépendant Kapitalis titre par exemple : « Le rationnement de l’électricité et de l’eau jusqu’à quand ? », reflétant un ras-le-bol généralisé. Les Tunisiens expriment leur frustration face à une situation qu’ils jugent prévisible, alors que les délestages perturbent leur quotidien, notamment pour les activités professionnelles, les services publics et les besoins domestiques essentiels. La Steg, de son côté, publie quotidiennement des alertes canicule pour informer la population des zones concernées par les coupures.
La crise actuelle met en lumière les difficultés structurelles du secteur énergétique en Tunisie. La Steg, en tant que monopole public, est au cœur des débats sur la gestion de l’électricité dans le pays. Les responsables invoquent des contraintes techniques et une demande exceptionnelle pendant la canicule, mais ces explications peinent à convaincre une partie de la population, qui perçoit ces coupures comme un manque de préparation ou de transparence. La Tunisie, comme d’autres pays méditerranéens, fait face à des défis liés à sa dépendance aux énergies fossiles et à l’insuffisance des investissements dans les énergies renouvelables. La situation actuelle soulève des questions sur la résilience du réseau électrique tunisien face aux aléas climatiques et aux variations de la demande.

