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Culture

Des photographies inédites de Tahiti à la fin du 19e siècle exposées au Quai Branly

France Culture - Savoirs · mis à jour 1 oct.

Direction le Quai Branly à Paris pour visiter la nouvelle exposition : “Voir Tahiti, premières photographies 1859-1870”. L’exposition réunit les images de Gustave Viaud et Paul-Émile Miot, deux photographes de la Marine qui saisissent Tahiti à la fin du 19e siècle.

Exposition au Quai Branly

L’exposition intitulée Voir Tahiti, premières photographies 1859-1870 se tient au musée du Quai Branly à Paris. Elle présente des photographies inédites de Tahiti prises à la fin du 19e siècle, entre 1859 et 1870. Ces images, rarement exposées auparavant, offrent un témoignage visuel unique sur cette période charnière où la Polynésie était en pleine transformation sous l’influence de la colonisation française. Le musée met en avant le travail de deux photographes de la Marine française, Gustave Viaud et Paul-Émile Miot, dont les clichés capturent à la fois les paysages, les habitants et les paysages urbains comme Papeete ou Nuku Hiva.

Contexte historique

À cette époque, Tahiti et la Polynésie étaient déjà largement idéalisées par les récits de voyage et les peintures européennes, qui en faisaient un paradis exotique. L’arrivée de la photographie a permis de documenter plus précisément la réalité de ces territoires et de leurs habitants. Entre 1860 et 1870, la France consolide son emprise sur Tahiti, marquant le début d’une présence coloniale durable. Les photographies de Viaud et Miot reflètent cette période de transition, où les paysages paradisiaques côtoient les premiers signes de modernisation et de contrôle administratif.

Les photographes et leur œuvre

Gustave Viaud et Paul-Émile Miot étaient des officiers de marine passionnés de photographie. Viaud, médecin de formation, a réalisé des portraits et des scènes de la vie quotidienne, tandis que Miot, plus technique, a documenté les paysages et les architectures locales. Leurs images, souvent comparées à des cartes postales de l’époque, ne se limitent pas à des vues pittoresques : elles révèlent aussi les dynamiques sociales et politiques en cours. Par exemple, leurs clichés de Papeete montrent l’émergence d’une ville coloniale, tandis que ceux de Nuku Hiva illustrent la diversité des modes de vie polynésiens avant l’installation définitive des autorités françaises.

Un regard européen sur Tahiti

Ces photographies posent la question de la représentation de l’autre par l’Europe au 19e siècle. Elles révèlent comment les Européens percevaient Tahiti et ses habitants, souvent à travers un prisme romantique ou colonial. Les portraits, par exemple, mettent en scène des Tahitiens et Tahitiennes dans des poses statiques, parfois figées, reflétant une vision exotisante ou ethnographique. L’exposition invite ainsi à réfléchir sur la manière dont ces images ont contribué à façonner l’image de Tahiti dans l’imaginaire collectif, tout en documentant une réalité en mutation.

Ce que ça pourrait changer

Cette exposition est significative car elle permet de découvrir des images rares et peu diffusées jusqu’ici. Elle offre une fenêtre sur une période où la photographie commençait à jouer un rôle clé dans la documentation des territoires colonisés. En plus de leur valeur historique, ces clichés soulèvent des questions sur la représentation, l’ethnographie et la mémoire collective. Pour les visiteurs, c’est l’occasion de confronter les fantasmes européens de l’époque à une réalité plus nuancée, où se mêlent beauté des paysages, diversité culturelle et transformations sociales.

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