Au procès de Rémy Daillet : « Vous n’êtes pas rien, vous êtes celui qui veut renverser le gouvernement ! »
Les 29 et 30 septembre, au tribunal correctionnel de Paris, Rémy Daillet, jugé pour avoir voulu organiser un soulèvement à la tête d’un groupuscule d’extrême doite, et pour être l’instigateur de l’enlèvement de la petite Mia, a fait le show..
Rémy Daillet, âgé de 60 ans, est la personne jugée lors de ce procès. Il est présenté comme un coach diplômé en coaching Erickson, une méthode de développement personnel créée par Milton Erickson, et ancien professionnel des ressources humaines (RH). Il se décrit également comme chef d’entreprise. Son apparence lors de l’audience, avec une chemise blanche, un gilet en laine beige et une barbe soignée, rappelle celle qu’il arborait en 2020 lorsqu’il diffusait des vidéos en ligne. Ces vidéos, publiées en pleine période de crise sanitaire liée au Covid-19, ont attiré des millions de vues et contenaient des appels au renversement de l’État français.
Rémy Daillet est poursuivi pour deux chefs d’accusation majeurs devant le tribunal correctionnel de Paris. Le premier est l’association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, ce qui signifie qu’il est soupçonné d’avoir participé à un groupe organisé visant à commettre des actes terroristes ou à préparer un coup d’État contre le gouvernement français. Le second chef d’accusation concerne son implication dans l’enlèvement d’une fillette de 8 ans, nommé Mia, survenu en avril 2021. Ces accusations sont graves et pourraient entraîner des peines de prison significatives si elles sont retenues.
Les vidéos publiées par Rémy Daillet en 2020, pendant la pandémie de Covid-19, ont joué un rôle central dans l’affaire. Ces contenus, visionnés par des millions de personnes, contenaient des messages appelant au renversement de l’État français. Le terme renversement désigne ici une volonté de destituer par la force les institutions en place, ce qui est un acte grave en droit français. Ces vidéos ont contribué à sa notoriété et ont attiré l’attention des autorités, menant à son arrestation et à son procès six ans plus tard.
Lors de l’ouverture de son procès le 15 septembre 2026, Rémy Daillet a répondu au président du tribunal avec une réplique qui a marqué l’audience. Il a déclaré : « En coaching, on dit : “Il faut mettre les pieds dans les chaussures de l’autre.” », avant d’ajouter qu’il était un professionnel expérimenté en gestion humaine. Cette réponse illustre sa tentative de se présenter comme un expert en relations humaines, tout en minimisant la gravité des accusations portées contre lui. Le tribunal, lui, a rétorqué qu’il n’était pas « rien », mais « celui qui veut renverser le gouvernement », soulignant ainsi la contradiction entre ses propos et les faits reprochés.
Le procès de Rémy Daillet se déroule au tribunal correctionnel de Paris, une juridiction française compétente pour juger les délits, c’est-à-dire les infractions moins graves que les crimes. L’audience d’ouverture a eu lieu le 15 septembre 2026, six ans après les faits reprochés. Le croquis d’audience réalisé ce jour-là montre le prévenu dans un box vitré, séparé des autres parties. La procédure judiciaire inclut des débats, des témoignages et des échanges entre les parties, avant qu’un jugement ne soit rendu. L’issue de ce procès pourrait avoir des conséquences majeures pour Rémy Daillet, en fonction des peines prononcées.

