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Société

Donald Trump veut le pétrole du Venezuela? Le Pentagone est en train d'exaucer son vœu

Slate FR · mis à jour il y a 54 min

Un partenariat avec une société vénézuélienne, extrêmement avantageux pour les États-Unis, vient d'être mis en place..

Pentagone et pétrole

En 2022, le Pentagone, qui désigne le département de la Défense des États-Unis, a créé un nouveau bureau chargé de renforcer la production industrielle liée à la défense. Cette initiative, lancée sous l’administration Biden, prend aujourd’hui une dimension inattendue avec l’implication du Pentagone dans un accord pétrolier entre les États-Unis et le Venezuela. Le 28 août 2026, Donald Trump a annoncé que le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, et le secrétaire d’État Marco Rubio avaient signé cet accord avec le gouvernement vénézuélien. L’objectif est de sécuriser l’accès à des réserves estimées à plusieurs milliards de barils de pétrole grâce à un partenariat avec le secteur privé. Le Bureau du capital stratégique du Pentagone joue un rôle central dans cette opération.

Participation américaine

L’accord prévoit que les États-Unis puissent acquérir jusqu’à 35 % de la société mère de North American Blue Energy Partners, une entreprise pétrolière vénézuélienne détenue par Alejandro Betancourt López, un magnat controversé du secteur. Cette acquisition se ferait via des bons de souscription d’actions, un mécanisme financier permettant d’acheter des actions à un prix prédéterminé, souvent bien inférieur à leur valeur réelle. Dans ce cas précis, ces bons pourraient être convertis en actions pour un montant symbolique, parfois équivalent à un seul centime. Leur particularité est qu’ils ne nécessitent aucun coût initial pour les États-Unis, car leur valeur est liée à la capacité de l’entreprise à lever des fonds auprès d’investisseurs privés.

Avantages pour le Venezuela

Pour le Venezuela, cet accord présente plusieurs avantages. Grâce à l’approbation officielle du gouvernement fédéral américain, l’entreprise vénézuélienne pourrait facilement attirer des investisseurs privés. De plus, elle serait protégée contre d’éventuelles poursuites judiciaires et les risques liés à l’instabilité politique du pays. Le département d’État américain a même fait pression sur les autorités suisses et britanniques pour assouplir les restrictions de voyage imposées à Alejandro Betancourt López, qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt en Suisse pour des accusations de blanchiment d’argent et de fraude fiscale. Marco Rubio a justifié cette démarche par la nécessité de faciliter les négociations pétrolières.

Ce que ça pourrait changer

Cet accord s’inscrit dans une stratégie plus large des États-Unis pour sécuriser leur approvisionnement en pétrole, notamment dans un contexte de tensions géopolitiques. Donald Trump, qui a toujours manifesté un intérêt marqué pour le pétrole vénézuélien, voit dans cet accord une opportunité de renforcer l’indépendance énergétique américaine. Le gouvernement vénézuélien, dirigé par Nicolás Maduro, pourrait également en tirer profit en relançant sa production pétrolière, malgré les sanctions internationales et les difficultés économiques persistantes. L’opération est présentée comme un partenariat gagnant-gagnant, bien que les motivations et les implications à long terme restent sujettes à débat.

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