NapseflowNapseflow
Généraliste

Non, les frappes de Kiev en Russie n’ont pas démantelé de réseau de bots au Canada

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 1 j

La destruction des centres de données russes n’a eu aucune incidence, selon une analyse préliminaire..

Frappes ukrainiennes et rumeurs

Des rumeurs ont circulé sur les réseaux sociaux affirmant que les frappes ukrainiennes contre trois centres de données russes, dont ceux de l'entreprise Yandex (équivalent russe de Google), avaient réduit l'activité des bots (comptes automatisés) propageant de la désinformation au Canada et ailleurs. Ces centres de données hébergeaient notamment des services numériques russes. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait évoqué une amélioration de l'ambiance en ligne, avant que son cabinet ne précise qu'il parlait de l'atmosphère générale et non d'une baisse avérée des bots. Ces déclarations ont alimenté des spéculations, notamment au Canada, où des comptes ont affirmé observer une chute de l'engagement de personnalités politiques comme la première ministre albertaine Danielle Smith. Cependant, aucune preuve tangible ne soutient ces affirmations.

Analyse des données canadiennes

L'Observatoire de l'écosystème médiatique (OEM), affilié aux universités McGill et de Toronto, a mené une enquête préliminaire pour vérifier si les frappes avaient eu un impact sur l'activité des bots au Canada. Les chercheurs ont analysé l'engagement en ligne (likes, partages, commentaires) sur la plateforme X (ex-Twitter) pendant trois semaines, en ciblant les comptes séparatistes et fédéralistes, ainsi que ceux de partis politiques. Selon Aengus Bridgman, chercheur à l'OEM, aucune réduction significative de l'engagement n'a été observée après les frappes. Par exemple, un tweet de Danielle Smith publié le 5 octobre a été vu 56 000 fois, tandis qu'un autre du 11 octobre n'a recueilli que 16 000 vues. Cependant, un tweet du 9 octobre a dépassé les 146 000 vues, montrant que les variations d'engagement sont normales et ne reflètent pas nécessairement l'activité des bots.

Bots et désinformation en ligne

Les bots désignent des comptes automatisés qui peuvent être utilisés pour manipuler l'opinion publique en ligne, par exemple en propageant de la désinformation ou en amplifiant artificiellement des messages. Cependant, tous les bots ne sont pas malveillants : certains, comme les crawlers (ou moissonneurs), explorent le web pour indexer des sites sur des moteurs de recherche, sans intention de tromper. L'article souligne que la confusion entre ces différents types de bots est fréquente. Aengus Bridgman explique que l'idée selon laquelle les opposants politiques seraient des bots est une explication simpliste et séduisante, mais souvent erronée. Les variations d'engagement en ligne sont généralement le fait de vraies personnes, et non de robots.

Cas similaires en Europe

En Europe, des affirmations similaires ont circulé, notamment en République tchèque et en Allemagne. Un eurodéputé tchèque a partagé un graphique prétendant montrer une baisse de l'activité de comptes liés au parti allemand Alternative für Deutschland (AfD) après les frappes. Cependant, le média allemand Capital a démontré que ce graphique, probablement généré par une intelligence artificielle, était dépourvu de fondement. Il mesurait en réalité le trafic automatisé jusqu'au 13 octobre, alors qu'il avait été publié deux jours plus tôt, et ne distinguait pas les bots malveillants des autres types de trafic automatisé. Cloudflare, une entreprise spécialisée dans la sécurité en ligne, a également enregistré une chute du trafic automatisé provenant de Yandex après les frappes, mais il s'agissait principalement de crawlers (moissonneurs) et non de bots malveillants.

Ce que ça pourrait changer

Le Centre de lutte contre la désinformation ukrainien a affirmé que les frappes avaient eu un effet sur la propagation de la désinformation russe, sans fournir de preuves détaillées. Selon l'agence, des figures prorusses aux États-Unis et en France auraient vu leur engagement diminuer, et certains sujets promus artificiellement par la Russie auraient perdu en visibilité sur *X*. Cependant, ces déclarations restent vagues et ne s'appuient pas sur des données quantifiables ou des analyses indépendantes. L'article souligne que l'absence de preuves tangibles rend ces affirmations difficiles à vérifier, et que la confusion entre différents types de *bots* ou de trafic automatisé complique l'interprétation des données disponibles.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.