« On ne veut pas devenir les pions de Total » : des étudiants bloquent leur campus pour dénoncer le partenariat avec la multinationale
À Montpellier, des étudiants occupent leur campus depuis le 6 octobre pour réclamer notamment l'abrogation du partenariat noué avec TotalEnergies dans le cadre d'un master. Ils refusent que la multinationale « vienne faire sa propagande à l'université ».
Des étudiants d’un campus universitaire en France ont bloqué l’accès à leur établissement pour protester contre un partenariat signé avec la multinationale TotalEnergies. Ce partenariat, qui vise à financer des projets de recherche ou des infrastructures sur le campus, a suscité une vive opposition de la part des étudiants. Ces derniers craignent que cette collaboration ne transforme leur université en un outil au service des intérêts économiques de TotalEnergies, au détriment de l’indépendance académique et des valeurs écologiques. Le mouvement s’inscrit dans un contexte plus large de critique des liens entre les institutions publiques, comme les universités, et les grandes entreprises, notamment celles du secteur des énergies fossiles.
Les étudiants dénoncent principalement deux aspects de ce partenariat. D’une part, ils reprochent à TotalEnergies de contribuer à l’expansion des énergies fossiles, un secteur responsable d’une part majeure des émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique. D’autre part, ils critiquent l’idée que leur université, financée par des fonds publics, puisse être associée à une entreprise dont les activités sont en contradiction avec les engagements climatiques de la France et de l’Union européenne. Pour eux, ce partenariat symbolise une forme de greenwashing, c’est-à-dire une stratégie marketing visant à donner une image écologique à une entreprise dont les activités restent polluantes.
Le blocage du campus a été organisé par un collectif d’étudiants, soutenus par des associations écologistes locales. Leur action vise à attirer l’attention des médias et de l’opinion publique sur ce partenariat, qu’ils jugent inacceptable. Les revendications des étudiants incluent l’annulation immédiate du partenariat avec TotalEnergies, la transparence totale sur les accords signés entre l’université et l’entreprise, ainsi que la mise en place d’une politique d’investissement responsable au sein de l’établissement. Ils demandent également que l’université s’engage à ne plus collaborer avec des entreprises dont les activités contribuent à la crise climatique.
Face à cette mobilisation, la direction de l’université a réagi en condamnant le blocage, qu’elle qualifie d’illégal et de disproportionné. Elle affirme que le partenariat avec TotalEnergies est bénéfique pour les étudiants, car il permet de financer des projets pédagogiques et de recherche. Cependant, elle n’a pas encore annoncé de mesures concrètes pour répondre aux revendications des étudiants. Du côté des pouvoirs publics, aucune réaction officielle n’a été rapportée dans l’article. Ce silence pourrait refléter une absence de position claire sur la question des partenariats entre universités et entreprises polluantes.
Ce conflit soulève des questions plus larges sur le rôle des universités dans la société. Faut-il accepter des financements provenant d’entreprises dont les activités sont néfastes pour l’environnement, au risque de compromettre l’indépendance des institutions publiques ? Les étudiants s’appuient sur des principes éthiques pour justifier leur opposition : une université ne devrait pas servir les intérêts d’une entreprise dont les actions aggravent la crise climatique. Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique plus globale, où de plus en plus de citoyens et d’institutions remettent en question les partenariats entre le secteur public et les multinationales, notamment dans les secteurs les plus polluants.

