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Culture

Des tatouages particuliers

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 4 j

Trois histoires de tatouages qu'il a fallu effacer. Shadé choisit de faire recouvrir un tatouage blasphématoire après avoir trouvé la foi.

Tatouages et foi religieuse

Shadé, une tatoueuse de 24 ans, a réalisé un tatouage provocateur représentant Jésus recevant une fellation pendant une période de rébellion contre sa famille et la société. Ce dessin, qu’elle considérait comme un symbole de blasphème et de provocation, était pour elle un choix artistique lié à son rejet des normes religieuses imposées par sa mère. À l’époque, elle vivait dans un squat et finançait sa vie grâce à son métier de tatoueuse. Un jour, après une consommation importante de drogue, elle a vécu une crise d’angoisse suivie d’une révélation spirituelle soudaine. Elle décrit avoir ressenti une paix intérieure intense, comme si une présence divine l’enveloppait, ce qui l’a conduite à se réconcilier avec sa mère et à adopter la foi chrétienne. Aujourd’hui, ce tatouage la met mal à l’aise lorsqu’elle se rend à l’église, bien qu’elle ne souhaite pas encore le faire effacer.

Appropriation culturelle et tatouage

Camille, 31 ans, a choisi un symbole d’origine ghanéenne pour son tatouage, attirée par son esthétique sans en connaître la signification profonde. Ce symbole, lié à une culture africaine spécifique, était pour elle un simple motif décoratif dans un milieu où le tatouage était perçu comme un rite initiatique. Des années plus tard, elle a pris conscience que son choix relevait d’une appropriation culturelle, un terme désignant l’adoption par une personne d’éléments d’une culture qui ne lui appartient pas, souvent sans en comprendre ou respecter la portée symbolique ou historique. N’ayant aucun lien avec le Ghana et ignorant les origines de ce symbole, elle a décidé de le recouvrir par un nouveau tatouage plus en accord avec ses valeurs actuelles. Elle explique que ce changement lui a permis de se sentir plus alignée avec son identité.

Ce que ça pourrait changer

Max, 29 ans, s’est fait tatouer le prénom de son ex-petite amie à l’âge de 15 ans, un acte illégal en France car le tatouage de mineurs est interdit sans l’autorisation parentale. À l’époque, il était profondément amoureux et a agi sous le coup de l’émotion, pensant que ce tatouage l’aiderait à reconquérir sa partenaire. Bien que sa stratégie ait fonctionné temporairement, il a rapidement réalisé que ce tatouage poserait problème dans ses futures relations. Après une nouvelle rupture, il a choisi de le recouvrir par une barre noire. Aujourd’hui, il exprime un certain regret et observe que certaines personnes peuvent être surprises ou désapprobatrices face à ce type de tatouage, perçu comme un manque de maturité ou de réflexion.

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