L’IA est un défi environnemental pour la planète et une « opportunité pour la France »
Pour réduire l’empreinte environnementale des IA (génératives), un rapport du Sénat préconise une IA « française ». Pas tant dans le sens souverain (et respectueux), mais dans le sens d’implantation des datacenters et de consommation des ressources, notamment d’électricité bas carbone (nucléaire).
En septembre 2026, la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat français a publié un rapport sur l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle (IA). Ce document souligne un manque criant de données précises concernant la consommation électrique et hydrique des infrastructures d’IA, qualifiées de « lacunaires ». Malgré cette absence de chiffres fiables, le rapport qualifie l’impact environnemental de l’IA de « défi pour la planète », notamment en raison de l’augmentation continue de sa consommation par les géants technologiques, principalement américains. Ces entreprises, malgré leurs engagements en faveur d’une IA plus verte, continuent d’accroître leur empreinte écologique. Le rapporteur Damien Michallet voit dans ce constat une opportunité pour la France et l’Europe, capable de se positionner comme un acteur responsable dans ce domaine.
Le rapport met en lumière la consommation d’eau des datacenters, ces immenses infrastructures qui hébergent les serveurs informatiques nécessaires au fonctionnement de l’IA. Cette consommation dépend fortement des technologies utilisées. Par exemple, les tours aéroréfrigérantes, un système de refroidissement courant, évaporent environ 80 % de l’eau prélevée, ce qui aggrave leur empreinte hydrique. Le problème est particulièrement aigu dans des régions comme certaines zones des États-Unis, déjà confrontées à un stress hydrique important, c’est-à-dire une situation où la demande en eau dépasse les ressources disponibles. En France, les technologies employées limitent davantage ces prélèvements, avec seulement 681 000 m³ d’eau consommés directement en 2023, selon les chiffres de l’Arcep. Cependant, ce rapport ne prend pas en compte la consommation indirecte liée à la production d’électricité nécessaire au fonctionnement des datacenters.
Le Sénat propose une solution pour réduire l’empreinte environnementale de l’IA : développer cette technologie en France. Selon le rapporteur Damien Michallet, l’Hexagone pourrait ainsi transformer ce défi écologique en une « opportunité pour la France et pour l’Europe ». La France se distingue par des technologies moins gourmandes en eau et une réglementation plus stricte en matière d’environnement. En misant sur une IA plus sobre et en attirant les investissements dans des infrastructures durables, le pays pourrait devenir un modèle en matière d’IA responsable. Cette approche s’inscrit dans une volonté plus large de l’Europe de réduire sa dépendance aux géants américains et chinois, tout en promouvant une innovation respectueuse de l’environnement.
Malgré l’importance du sujet, le rapport du Sénat souligne que les données disponibles sur l’empreinte environnementale de l’IA restent insuffisantes. Les chiffres concernant la consommation électrique et hydrique des datacenters sont souvent incomplets ou imprécis, ce qui rend difficile une évaluation exacte de leur impact réel. Cette lacune complique la mise en place de politiques publiques efficaces pour réguler ce secteur. Les rapporteurs appellent donc à une meilleure transparence de la part des entreprises et des gouvernements, afin de disposer d’informations fiables pour agir. Sans ces données, il est impossible de mesurer l’efficacité des mesures prises et d’orienter les investissements vers des solutions plus durables.

