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Généraliste

Qu’est-ce qui se passe avec les jeunes?

Le Devoir · mis à jour il y a 1 j

Le regard des électeurs de 18 à 34 ans se détourne de la gauche et tend vers la droite..

Détournement des jeunes

Les jeunes électeurs québécois âgés de 18 à 34 ans montrent un changement marqué dans leurs préférences politiques. Selon un sondage Léger-Le Journal de Montréal-TVA Nouvelles réalisé en septembre 2026, 20 % des 18-34 ans soutiennent le Parti conservateur du Québec (PCQ), contre 29 % pour le Parti libéral du Québec (PLQ), 20 % pour le Parti québécois (PQ), 19 % pour Québec solidaire (QS) et 11 % pour la Coalition avenir Québec (CAQ). Ce glissement vers la droite s’est accentué après le pic inflationniste suivant la pandémie de COVID-19. Éric Duhaime, chef du PCQ, a directement ciblé ce public lors du Grand débat des chefs en déclarant : « Les jeunes, je vous comprends », soulignant que son parti mise sur la « balance du pouvoir » pour les attirer.

Chute de Québec solidaire

Québec solidaire (QS), un parti de gauche fondé il y a plus de 20 ans pour défendre l’accès à un logement abordable, voit ses appuis chez les jeunes s’effondrer. En 2023, 42 % des 18-34 ans soutenaient QS, contre seulement 19 % en 2026 selon le même sondage. Renaud Poirier St-Pierre, ancien conseiller politique de QS, explique ce recul par un changement des priorités des jeunes. L’enjeu environnemental, autrefois central pour eux, est progressivement remplacé par l’insécurité financière et le coût de la vie. QS, bien que toujours engagé sur le logement, n’a pas réussi à proposer une réponse convaincante à ces nouvelles préoccupations, contrairement aux partis conservateurs qui ont critiqué les dépenses postpandémiques des gouvernements, accusées d’alimenter l’inflation.

Anxiété financière dominante

L’anxiété financière est devenue la principale préoccupation des jeunes Québécois, remplaçant l’écoanxiété (peur des conséquences du changement climatique). Cette insécurité est alimentée par plusieurs facteurs : le prix élevé des produits essentiels (épicerie, pharmacie), celui de l’essence, et la difficulté à se loger. Ulrika Lupien, co-porte-parole de Coalition Interjeunes, souligne que les jeunes dépensent une part importante de leur budget dans ces postes, ce qui limite leurs capacités d’épargne ou d’investissement. Zackary Fournier, autre co-porte-parole, ajoute que cette anxiété est renforcée par un sentiment d’impuissance face à l’avenir, notamment en raison des incertitudes économiques et des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis. Les jeunes hommes, en particulier, adoptent un discours économique plus conservateur, valorisant davantage la réussite financière.

Faible participation électorale

Malgré leur engagement dans des mouvements sociaux ou sur les réseaux sociaux, les jeunes votent moins que les autres groupes d’âge. Lors des élections générales de 2022, seulement 54 % des 18-24 ans ont voté, contre 78 % des 65-74 ans. En 2012, après le Printemps érable, 62 % des 18-24 ans avaient participé au vote. Stéphanie Gaudet, professeure à l’Université d’Ottawa, attribue cette faible participation à un sentiment d’isolement social accru depuis la pandémie, ainsi qu’à un manque de confiance dans les politiciens. Elle souligne que les jeunes, bien que majoritaires en nombre, représentent une minorité électorale et que les partis politiques s’intéressent peu à leurs enjeux, fragilisant ainsi l’institution démocratique.

Ce que ça pourrait changer

Les jeunes Québécois restent actifs politiquement, notamment via des campagnes de sensibilisation ou des manifestations, y compris sur les réseaux sociaux. Zackary Fournier et Ulrika Lupien, tous deux âgés de 21 ans, appellent les jeunes à reprendre leur poids politique en participant aux élections et en exigeant des solutions concrètes. Ils dénoncent l’absence de visibilité des chefs de parti lors des campagnes électorales, qui se concentrent davantage sur les résidences pour aînés. Ulrika Lupien suggère de suivre des créateurs de contenu comme *Alice Morel-Michaud* pour s’informer, tandis que Fournier met en garde contre les *chambres d’écho* des algorithmes, qui radicalisent les opinions. Renaud Poirier St-Pierre rappelle que les jeunes ont déjà eu un impact électoral, comme lors de la *vague orange* du NPD en 2011, et pourraient relancer un mouvement similaire.

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