“Rompant son silence”, Benyamin Nétanyahou dénonce les violences de colons en Cisjordanie
Le premier ministre israélien a réagi à plusieurs incidents ayant eu lieu samedi, dont l’attaque d’une équipe de la chaîne NBC. Il évoque “une poignée d’émeutiers” qui “font du mal à l’image d’Israël dans le monde”..
Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a publiquement réagi le 29 août 2026 à une série d’incidents violents impliquant des colons israéliens en Cisjordanie. Dans un communiqué, il a condamné avec force les violences commises par « une poignée d’émeutiers » dans les villages de Qusra et Jalud. Netanyahou a précisé que ces actes violent la loi, nuisent aux colons respectueux de la loi, entravent le travail de l’armée israélienne et portent atteinte à l’image d’Israël sur la scène internationale. Cette déclaration marque une rupture avec son habituel silence sur ces sujets, selon plusieurs médias comme le Jerusalem Post et Al-Jazeera.
Plusieurs incidents violents ont eu lieu le 29 août 2026 en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. À Qusra, une douzaine de colons ont envahi une maison en construction, un acte qualifié de « pogrom » par certains observateurs. À Jalud, une équipe de la chaîne américaine NBC a été attaquée par des colons masqués : quatre journalistes et une habitante palestinienne de 51 ans ont été frappés avec des bâtons et des pierres. Par ailleurs, un militant britannique, Finn Joughlin, a été kidnappé dans un village du sud de la Cisjordanie. Ces violences s’inscrivent dans un contexte de tensions accrues depuis le début de la guerre à Gaza il y a trois ans.
Les violences des colons en Cisjordanie sont un sujet de débat politique en Israël. Netanyahou est critiqué par l’opposition, notamment par Gilad Kariv, député des Démocrates, qui accuse le gouvernement de tolérer ces actes et d’en faire un outil politique à l’approche des élections d’octobre 2026. Gadi Eisenkot, principal adversaire de Netanyahou, estime que ces violences sont le « résultat d’une politique gouvernementale » menée par la coalition au pouvoir. Le Times of Israel souligne que le gouvernement a soutenu financièrement et juridiquement ces communautés de colons, tout en étant rarement intervenu pour sanctionner les violences.
Entre le 1er janvier et le 24 juillet 2026, 76 Palestiniens ont été tués par des colons ou des soldats israéliens en Cisjordanie, contre seulement 3 Israéliens sur la même période. Plusieurs médias, dont Al-Jazeera et le New York Times, soulignent que les colons agissent souvent en toute impunité. Le gouvernement israélien est critiqué pour ne procéder que rarement à des arrestations ou des condamnations dans ces cas. Le New York Times rappelle que les violences contre les Palestiniens ont augmenté significativement depuis le début de la guerre à Gaza en 2023, avec des extrémistes bénéficiant d’une quasi-impunité.
Les violences des colons en Cisjordanie ont des répercussions internationales, notamment sur l’image d’Israël. Netanyahou a reconnu que ces actes nuisent à la réputation du pays, mais ses détracteurs, comme le député Gilad Kariv, estiment que ses condamnations sont superficielles et motivées par des calculs électoraux. Le *New York Times* note que le gouvernement israélien de droite, pro-colonisation, minimise souvent les inquiétudes concernant ces violences. Ces tensions s’inscrivent dans un conflit plus large entre Israéliens et Palestiniens, marqué par des décennies de violence et d’occupation.

