Faut-il avoir un corps pour être un bon romancier ?
En septembre 2026, le roman *C’était ça ou mourir* de l’écrivain québécois Thélyson Orélien, d’origine haïtienne, est retiré de la liste du prix Goncourt après des accusations de recours à l’intelligence artificielle (IA) et de plagiats répétés. L’ouvrage, salué pour sa langue inventive et son style poétique, mêlant créole et français classique, avait pourtant séduit le public et la critique. Les soupçons proviennent d’un compte anonyme sur le réseau social *X*, utilisant un logiciel de détection d’IA nommé Pangram, réputé fiable. Orélien nie ces allégations, mais la présomption de culpabilité s’est renforcée. La question centrale porte sur l’étendue de l’utilisation de l’IA : a-t-elle été ponctuelle ou a-t-elle servi à produire intégralement le texte ? Ce cas soulève des enjeux majeurs sur la définition même de la littérature et du rôle de l’auteur.
En septembre 2026, le roman C’était ça ou mourir de l’écrivain québécois Thélyson Orélien, d’origine haïtienne, est retiré de la liste du prix Goncourt après des accusations de recours à l’intelligence artificielle (IA) et de plagiats répétés. L’ouvrage, salué pour sa langue inventive et son style poétique, mêlant créole et français classique, avait pourtant séduit le public et la critique. Les soupçons proviennent d’un compte anonyme sur le réseau social X, utilisant un logiciel de détection d’IA nommé Pangram, réputé fiable. Orélien nie ces allégations, mais la présomption de culpabilité s’est renforcée. La question centrale porte sur l’étendue de l’utilisation de l’IA : a-t-elle été ponctuelle ou a-t-elle servi à produire intégralement le texte ? Ce cas soulève des enjeux majeurs sur la définition même de la littérature et du rôle de l’auteur.
Malgré les controverses, C’était ça ou mourir est reconnu pour ses qualités littéraires. Le roman raconte l’odyssée d’un migrant haïtien fuyant son île, avec une langue à la fois poétique et crue, oscillant entre créole et français classique. L’écriture est marquée par des images fortes et une éloquence teintée d’humour noir, comme en témoigne cette phrase : « Un migrant qui passe une frontière, c’est comme un serpent qui se glisse sous un tapis. Ça rampe, ça tremble, ça prie, ça ment, et à la fin, soit il ressort vivant, soit il reste écrasé sous la semelle du monde. » Le texte a touché de nombreux lecteurs, y compris des critiques expérimentés, pour sa lucidité et son courage. Ces qualités expliquent pourquoi l’accusation de recours à l’IA a pris une telle ampleur : un roman sans valeur littéraire n’aurait probablement pas suscité autant d’attention.
L’affaire Orélien relance un débat plus large : une machine peut-elle créer une œuvre artistique ou procurer un plaisir esthétique ? Peut-on considérer qu’un texte écrit par une IA est une œuvre littéraire ? Ces questions, déjà présentes avant 2026, gagnent en acuité avec cette polémique. La littérature repose traditionnellement sur un pacte d’écriture et de lecture, c’est-à-dire une confiance entre l’auteur et le lecteur sur l’authenticité et l’origine humaine de l’œuvre. L’utilisation de l’IA remet en cause ce pacte, car elle interroge la notion même de création. Faut-il déclarer l’usage d’outils automatisés ? Peut-on encore parler de talent ou de génie si une partie du texte est générée par une machine ? Ces interrogations dépassent le cas Orélien et touchent à l’avenir de la création artistique.
En plus des accusations de recours à l’IA, Thélyson Orélien est également soupçonné d’avoir commis plusieurs plagiats. Ces allégations, combinées aux soupçons d’utilisation d’IA, ont renforcé la présomption de culpabilité autour de son œuvre. Cependant, aucun élément ne permet aujourd’hui de trancher définitivement sur la nature ou l’étendue de ces manquements. L’affaire met en lumière les limites des outils de détection, comme le logiciel Pangram, dont la fiabilité est parfois contestée. Elle pose aussi la question de la responsabilité de l’auteur : dans quelle mesure est-il responsable des manquements éventuels de son texte, surtout si une partie a été générée par une IA ? Ce cas illustre les défis juridiques et éthiques posés par l’essor des technologies dans la création artistique.
L’affaire Orélien ne se limite pas à une question technique ou juridique : elle a aussi une dimension politique et culturelle. Thélyson Orélien, écrivain québécois d’origine haïtienne, incarne une voix migrante et postcoloniale, ce qui ajoute une couche de complexité à la polémique. Certains y voient une tentative de discréditer une littérature issue de la diversité, tandis que d’autres soulignent l’importance de préserver l’intégrité des œuvres. Cette affaire interroge également la place des auteurs issus de l’immigration dans le paysage littéraire francophone. Elle révèle des tensions autour de la représentation, de l’authenticité et de la légitimité culturelle, dans un contexte où les débats sur l’identité et la création sont particulièrement vifs.

