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Géopolitique

En Asie, la nouvelle menace des deepfakes boostés à l’IA qui clonent les hommes politiques

Courrier International · mis à jour il y a 14 j

Les réseaux criminels en Asie du Sud-Est créent des clones des personnalités politiques pour convaincre leurs victimes de donner de l’argent. Une tendance redoutable laissant les autorités de régulation inquiètes et dépassées..

Interpol alerte sur l'IA criminelle

En juin 2025, Interpol, l’organisation internationale de police criminelle, a publié un rapport mettant en garde contre l’usage croissant de l’intelligence artificielle (IA) par les réseaux criminels en Asie. Selon ce document, l’IA permet de créer des outils de plus en plus sophistiqués, quasi indétectables, capables de tromper même les observateurs attentifs. Parmi ces outils, les deepfakes – des vidéos ou audios générés par IA qui imitent de manière réaliste des personnes – sont particulièrement redoutables. Le rapport souligne que ces technologies sont utilisées pour usurper l’identité de personnalités publiques, de célébrités ou de dirigeants d’entreprise, avec des conséquences financières graves. Ces stratagèmes ciblent aussi bien des particuliers que des institutions, entraînant des pertes financières importantes.

Deepfakes en Asie du Sud-Est

Le quotidien South China Morning Post a révélé des cas concrets d’usurpation d’identité par deepfake en Asie du Sud-Est, notamment à Singapour, en Indonésie et aux Philippines. Des criminels utilisent ces technologies pour cloner des figures politiques et extorquer des fonds à des citoyens. Par exemple, un faux Premier ministre de Singapour, Lawrence Wong, a réussi à soutirer 3,8 millions de dollars à des victimes lors d’un appel vidéo sur Zoom. L’article souligne que ces arnaques exploitent la crédulité et l’espoir des victimes, qui croient interagir avec une personne réelle. L’IA devient ainsi une nouvelle arme pour les escrocs, plus redoutable que les logiciels malveillants ou les ruses traditionnelles.

Menace pour les institutions

Le rapport d’Interpol et les exemples cités par le South China Morning Post montrent que les deepfakes ne ciblent pas seulement les particuliers, mais aussi les institutions. En usurpant l’identité de dirigeants ou de personnalités publiques, les criminels peuvent manipuler des décisions économiques, politiques ou sociales. Par exemple, un faux dirigeant d’entreprise pourrait donner des instructions financières frauduleuses, ou un faux responsable politique pourrait diffuser de fausses informations pour influencer l’opinion publique. Ces attaques menacent la stabilité des institutions et la confiance des citoyens dans les autorités.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette menace, des chercheurs en Corée du Sud, à Séoul, développent des outils pour détecter les *deepfakes* enrichis par l’IA. Présenté en mars 2026, ce projet vise à identifier les vidéos ou audios générés artificiellement en analysant leurs imperfections techniques ou leurs incohérences. L’objectif est de fournir aux autorités et aux plateformes numériques des moyens de lutter contre ces fraudes. Cependant, à mesure que les outils de détection progressent, les criminels améliorent aussi leurs techniques, créant une course permanente entre fraudeurs et chercheurs.

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