Cuba : le réseau électrique rétabli après une nouvelle coupure totale
Cuba manque de carburant en raison du blocus pétrolier américain..
Cuba a connu une troisième panne d'électricité totale en moins de dix jours, la dernière ayant duré environ 12 heures avant d'être rétablie mercredi 15 juillet 2026 à 7 h (heure locale). Ces coupures sont provoquées par des déséquilibres brutaux entre la production et la demande d'électricité, souvent causés par l'arrêt soudain d'une unité d'une centrale thermoélectrique. Le réseau électrique cubain, déjà fragile, peine à absorber ces variations de tension. Les habitants subissent depuis des semaines des délestages prolongés, dépassant parfois 30 heures consécutives à La Havane, et plusieurs jours en province. Ces pannes s'ajoutent à une crise énergétique chronique, aggravée par le manque de carburant et la vétusté des infrastructures, malgré des efforts récents comme la construction de parcs solaires lancés il y a deux ans.
La situation à Cuba s'est fortement dégradée depuis que les États-Unis bloquent les livraisons de carburant, essentiel pour faire fonctionner les groupes électrogènes qui complètent la production des sept centrales thermiques vieillissantes du pays. Selon le ministre cubain de l'Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy, cette mesure américaine aggrave une crise déjà profonde, qualifiant la situation de guerre et soulignant l'impossibilité d'obtenir des pièces de rechange pour les centrales. Depuis janvier 2026, Washington n'a autorisé qu'un seul pétrolier russe, transportant 100 000 tonnes de pétrole brut, à accoster en mars. Ce blocus réduit la capacité de production d'électricité et ralentit les réparations, car les générateurs de secours ne peuvent plus être utilisés faute de carburant.
La crise énergétique a des conséquences dramatiques sur le quotidien des Cubains, comme en témoigne Maria Caridad Alvarez, une femme au foyer de 62 ans, qui décrit un enthousiasme de vivre en train de s'éteindre. Les habitants des quartiers les plus touchés expriment leur exaspération par des manifestations spontanées, comme brûler des tas d'ordures ou taper sur des casseroles pour protester. Ces réactions illustrent le niveau de frustration face aux délestages prolongés, qui perturbent tous les aspects de la vie : travail, écoles, hôpitaux et accès à l'eau. La situation est d'autant plus critique que le tourisme, une source majeure de revenus pour Cuba, s'effondre, aggravant la crise économique du pays de 9,6 millions d'habitants.
Les relations entre Cuba et les États-Unis se sont fortement tendues depuis le début de l'année 2026, notamment après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, un allié de Cuba, par les États-Unis. Donald Trump, alors président américain, a qualifié Cuba de *menace extraordinaire pour la sécurité nationale* des États-Unis et a évoqué la possibilité d'une prise de contrôle de l'île, située à seulement 150 kilomètres des côtes de Floride. Les négociations entre les deux pays, menées par le chef de la diplomatie cubaine Bruno Rodriguez, sont au point mort depuis fin juin 2026, sans aucun progrès enregistré. Cette escalade des tensions aggrave l'isolement économique de Cuba et limite ses possibilités de trouver des solutions alternatives à la crise énergétique.

