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Livres et IA : l’idée d’une certification « écrit par un humain » gagne du terrain

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 5 j

Des systèmes de labellisation ont été présentés cette semaine à la Foire du livre de Francfort..

IA et suspicion littéraire

L’article évoque une montée des soupçons concernant l’utilisation non déclarée de l’intelligence artificielle (IA) dans la rédaction de livres. Cette tendance s’est accentuée après des affaires médiatisées, comme celle de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, accusé sur les réseaux sociaux d’avoir utilisé l’IA pour écrire son premier roman. Il a toujours nié ces allégations. En France, cette polémique a provoqué une vague d’inquiétude dans le milieu littéraire, notamment chez les auteurs auto-édités, qui craignent d’être suspectés à tort. L’IA désigne ici des outils capables de générer du texte de manière autonome, ce qui soulève des questions éthiques et professionnelles dans le domaine de la création littéraire.

Certifications émergentes

Face à ces suspicions, plusieurs initiatives de certification ont vu le jour en Europe et aux États-Unis pour attester qu’un livre est écrit par un humain. En France, la plateforme Librinova propose une certification création humaine, qui repose sur deux étapes : une analyse par un logiciel de détection d’IA pour vérifier l’absence de texte généré par machine, suivie d’un entretien avec un auditeur chargé d’évaluer le processus d’écriture de l’auteur. À ce jour, 200 ouvrages ont obtenu ce label. Au Royaume-Uni, l’entreprise Books By People a lancé une labellisation similaire, enregistrée officiellement auprès de l’Office britannique de la propriété intellectuelle. Cette certification impose des critères de littérature organique, exigeant que l’auteur soit à l’origine de l’écriture, tout en autorisant des usages limités de l’IA pour des tâches comme la correction orthographique.

Système américain d'autocertification

Aux États-Unis, l’association d’écrivains Authors Guild a mis en place une étiquette écrit par un humain, basée sur un système d’autocertification. Environ 6 500 livres ont déjà obtenu cette mention. Contrairement aux autres initiatives, ce système ne repose pas sur une vérification externe par logiciel ou auditeur, mais sur la déclaration de l’auteur lui-même. Cette approche vise à offrir une solution simple et rapide pour les écrivains souhaitant rassurer les lecteurs et les éditeurs sur l’origine humaine de leur travail. Cependant, elle ne garantit pas une vérification objective de l’absence d’IA dans la rédaction du texte.

Polémiques et affaires récentes

Avant l’affaire Thélyson Orélien, d’autres scandales ont alimenté le débat sur l’usage de l’IA dans la littérature. En 2026, l’éditeur Hachette a annulé la parution du roman Shy Girl de Mia Ballard, aux États-Unis et au Royaume-Uni, après des allégations d’utilisation de l’IA. Mia Ballard a nié avoir elle-même utilisé ces outils, mais a reconnu qu’une personne engagée pour éditer son livre, initialement auto-édité, y avait eu recours. Ces affaires illustrent les tensions croissantes autour de la transparence dans la création littéraire et la difficulté à distinguer un texte humain d’un texte généré par IA, surtout dans un contexte d’auto-édition où les contrôles sont moins stricts.

Scepticisme et limites des labels

Malgré le développement de ces certifications, certains acteurs du secteur restent sceptiques quant à leur efficacité. Sebastian Guggolz, président de l’Association des éditeurs et libraires allemands, estime que ces systèmes de labellisation sont insuffisants pour répondre aux enjeux posés par l’IA. Il souligne que la question de la transparence doit être abordée de manière plus approfondie, tant au niveau individuel que collectif. Selon lui, une simple catégorisation du degré d’utilisation de l’IA dans un livre ne suffit pas à résoudre les problèmes éthiques et professionnels soulevés par cette technologie. Il appelle à une réflexion plus large sur les pratiques de la profession littéraire dans son ensemble.

Ce que ça pourrait changer

Ces initiatives ont été présentées lors de la **Foire du livre de Francfort**, l’un des plus grands événements mondiaux dédiés à l’édition. Cette foire, qui se tient chaque année en Allemagne, est un lieu de débat et d’échange pour les professionnels du livre. En 2026, l’impact de l’IA sur la création littéraire y a suscité des discussions intenses, reflétant les préoccupations croissantes des auteurs, éditeurs et lecteurs. La présence de ces nouvelles certifications lors de cet événement montre l’importance accordée à la question de l’authenticité humaine dans l’écriture, dans un contexte où les outils d’IA deviennent de plus en plus accessibles et performants.

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