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Quand le TGV chinois devient plus rentable que l’avion sur les longues distances

Science & Vie · mis à jour il y a 17 j

La Chine s'impose comme un leader mondial du transport grâce à son réseau ferroviaire à grande vitesse. Avec des innovations technologiques et une expansion rapide, le pays redéfinit les normes du voyage longue distance..

Le TGV chinois défie l'avion

En Chine, le train à grande vitesse (TGV), appelé CRH (China Railway High-speed), devient plus rentable que l’avion pour les trajets de plus de 1 000 kilomètres. Cette performance s’explique par des coûts d’exploitation réduits et une fréquentation élevée, malgré des tarifs souvent inférieurs à ceux des billets d’avion. Par exemple, un trajet Pékin-Shanghai en TGV coûte environ 100 €, contre 150 € en avion, tout en offrant un confort et une ponctualité supérieurs. Les compagnies aériennes chinoises, comme China Southern Airlines, subissent une baisse de fréquentation sur ces lignes, forçant certaines à réduire leurs vols ou à proposer des tarifs promotionnels. Cette tendance s’inscrit dans une stratégie nationale visant à privilégier les transports terrestres pour désengorger le trafic aérien et réduire les émissions de CO₂.

Des coûts optimisés

La rentabilité du TGV chinois repose sur plusieurs facteurs économiques. D’abord, le coût au kilomètre est bien inférieur à celui de l’avion : environ 0,05 € par passager/km pour le TGV, contre 0,12 € pour l’avion. Ensuite, la Chine a massivement investi dans son réseau ferroviaire depuis les années 2000, avec plus de 40 000 km de voies à grande vitesse en 2026, soit le réseau le plus étendu au monde. Ces infrastructures, financées en partie par l’État, permettent des économies d’échelle. De plus, les trains circulent à plein régime, avec un taux d’occupation moyen de 85 %, contre 70 % pour les avions sur les mêmes lignes. Enfin, les subventions publiques réduisent les charges fixes, comme l’électricité ou l’entretien des voies, ce qui n’est pas le cas pour le transport aérien, soumis aux fluctuations du prix du kérosène.

Un avantage écologique marqué

Le TGV émet en moyenne 10 fois moins de CO₂ par passager que l’avion pour un trajet équivalent. Par exemple, un vol Pékin-Shanghai génère environ 200 kg de CO₂ par passager, contre 20 kg pour le train. Cette différence s’explique par l’efficacité énergétique des trains électriques, alimentés en Chine par un mix énergétique de plus en plus décarboné (éolien, solaire, nucléaire). Le gouvernement chinois mise sur cette transition pour atteindre ses objectifs climatiques, notamment la neutralité carbone d’ici 2060. Les voyageurs sont de plus en plus sensibles à cet impact environnemental, ce qui renforce l’attractivité du TGV. Des études montrent que 60 % des passagers chinois choisissent désormais le train pour des trajets de plus de 800 km, contre 40 % en 2015.

Ce que ça pourrait changer

L’expérience chinoise suscite l’intérêt de l’Europe, où le transport ferroviaire reste moins développé. En France, le TGV Paris-Lyon (465 km) est déjà compétitif face à l’avion, mais les trajets plus longs, comme Paris-Marseille (775 km), restent dominés par l’aviation. L’Union européenne souhaite développer un réseau transcontinental à grande vitesse, comme le projet *TEN-T* (*Trans-European Transport Network*), mais les coûts et les lenteurs administratives freinent sa réalisation. La Chine, en revanche, a pu construire son réseau en une décennie grâce à une planification centralisée et des financements publics massifs. Pour l’Europe, un tel modèle serait difficile à reproduire, mais des partenariats public-privé pourraient accélérer les projets.

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