Meublés de tourisme : quel régime d’imposition appliquer aux revenus locatifs perçus de 2026 à 2028 ?
Meublés de tourisme : quel régime d’imposition appliquer aux revenus locatifs perçus de 2026 à 2028 ? Fiscalité immobilière.
Un meublé de tourisme désigne un logement loué à des voyageurs pour une courte durée, généralement quelques jours ou semaines, et qui est équipé de manière à permettre une occupation immédiate (literie, cuisine, sanitaires, etc.). Contrairement à la location classique, souvent soumise à des baux de plusieurs mois ou années, cette formule est encadrée par des règles spécifiques, notamment en matière de fiscalité. En France, ces locations sont soumises à des régimes d’imposition particuliers, distincts de ceux applicables aux locations nues (sans meubles). Depuis 2023, la fiscalité des meublés de tourisme a connu plusieurs évolutions, notamment avec l’introduction de nouvelles obligations déclaratives et de changements dans les seuils de revenus imposables.
Pour les revenus locatifs perçus entre 2026 et 2028, les propriétaires de meublés de tourisme peuvent choisir entre deux régimes fiscaux principaux : le régime micro-BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) ou le régime réel. Le régime micro-BIC s’applique automatiquement si les revenus annuels ne dépassent pas 77 700 € en 2024 (montant révisé chaque année). Dans ce cas, un abattement forfaitaire de 50 % est appliqué sur les recettes, ce qui signifie que seul 50 % des revenus sont imposés. Si les revenus dépassent ce seuil, le propriétaire doit opter pour le régime réel, qui permet de déduire les charges réelles (travaux, intérêts d’emprunt, taxes, etc.) des revenus locatifs. Ce régime est obligatoire pour les revenus supérieurs à 77 700 € en 2024.
Les seuils de revenus pour l’application du régime micro-BIC ou réel sont fixés à 77 700 € pour l’année 2024, un montant qui peut être révisé chaque année par l’administration fiscale. Par exemple, si un propriétaire perçoit 80 000 € de revenus locatifs en 2026, il devra obligatoirement opter pour le régime réel, car ses revenus dépassent le seuil. En revanche, s’il perçoit 70 000 €, il peut choisir le régime micro-BIC et bénéficier d’un abattement de 50 %, soit une imposition sur 35 000 €. Pour les revenus inférieurs à 77 700 €, le choix entre les deux régimes dépend de la situation du propriétaire : le régime micro-BIC est plus simple, mais le régime réel peut être plus avantageux si les charges sont élevées.
Les propriétaires de meublés de tourisme doivent déclarer leurs revenus locatifs dans leur déclaration annuelle de revenus, généralement via le formulaire 2042 C PRO pour les revenus micro-BIC ou le formulaire 2035 pour le régime réel. Depuis 2023, une nouvelle obligation s’applique : l’inscription au registre national des meublés de tourisme (ou à un registre équivalent dans certaines communes) est obligatoire pour les locations de courte durée. Cette inscription permet de lutter contre les locations illégales et de justifier la régularité de l’activité. Les propriétaires doivent également conserver les justificatifs des recettes et des charges pendant au moins 3 ans en cas de contrôle fiscal.
Plusieurs réformes récentes ont modifié le paysage fiscal des meublés de tourisme en France. Depuis 2023, les communes peuvent appliquer une taxe de séjour supplémentaire sur les locations touristiques, dont le montant varie selon les villes (par exemple, jusqu’à 5 € par nuitée à Paris). De plus, depuis 2024, les revenus issus des meublés de tourisme sont soumis à des cotisations sociales spécifiques, calculées sur une partie des recettes (environ 17,2 % pour le régime micro-BIC et 15,5 % pour le régime réel). Ces mesures visent à harmoniser la fiscalité des locations touristiques avec celle des autres activités économiques et à limiter les abus.
Le choix entre le régime micro-BIC et le régime réel dépend de plusieurs critères, notamment le niveau des revenus et des charges. Pour un propriétaire dont les revenus locatifs sont inférieurs à 77 700 € et dont les charges sont faibles, le régime micro-BIC est souvent plus avantageux grâce à sa simplicité et à son abattement de 50 %. En revanche, si les charges (travaux, intérêts d’emprunt, etc.) représentent plus de 50 % des revenus, le régime réel peut être plus intéressant, car il permet de déduire ces charges et de réduire l’impôt. Il est donc conseillé de comparer les deux options avant de faire un choix, notamment en utilisant un simulateur fiscal ou en consultant un expert-comptable.

