Au Japon, une loi pour lutter contre les violences sexuelles subies par les enfants à l’école
Après deux ans et demi de préparations, des mesures destinées à protéger les enfants contre les violences sexuelles entreront en vigueur le 25 décembre. Elles concernent principalement le milieu scolaire : les établissements publics seront notamment tenus de vérifier les antécédents judiciaires de leurs professeurs et même les établissements privés prévoient de lancer leur système de certificat, rapporte la presse locale..
Le Japon a adopté en juin 2024 une loi visant à protéger les enfants contre les violences sexuelles à l'école. Inspirée du modèle britannique, cette loi impose notamment la vérification systématique des antécédents judiciaires des professionnels travaillant avec des mineurs, comme les enseignants. Elle prévoit également des campagnes de formation et de prévention ainsi que la création d'un service d'écoute dédié. La loi entrera en vigueur le 25 décembre 2026, après deux ans et demi de préparatifs pour permettre aux institutions de s'organiser. Yukiko Imai, spécialiste en psychologie du crime, a salué cette initiative comme un premier pas important pour lutter contre ce fléau.
Au Japon, les violences sexuelles envers les enfants à l'école sont un problème majeur. En 2024, 281 personnes ont été sanctionnées pour des actes de ce type, dont des enseignants. Ces violences peuvent prendre diverses formes, allant des agressions physiques aux comportements inappropriés ou aux enregistrements clandestins. Un cas emblématique a été révélé en août 2023 : un ancien professeur d'un établissement privé a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour avoir filmé à leur insu des élèves âgés de 7 à 11 ans. Ces affaires ont contribué à une prise de conscience nationale sur l'ampleur du problème.
La nouvelle loi impose aux établissements scolaires publics de vérifier systématiquement les antécédents judiciaires de leurs employés, y compris les professeurs, les bénévoles et les intervenants extérieurs. Cette mesure vise à écarter les personnes ayant déjà été condamnées pour des infractions sexuelles. Cependant, son application soulève des questions pratiques. Par exemple, un gestionnaire de crèche s'interroge sur la nécessité de vérifier le casier judiciaire d'un entraîneur de natation intervenant ponctuellement dans l'établissement. Les autorités précisent que même les missions courtes ou bénévoles doivent faire l'objet de vérifications.
La loi ne s'applique pas systématiquement aux jukus, ces établissements privés très répandus au Japon qui préparent les élèves aux concours scolaires et universitaires. Pour combler cette lacune, l'Association nationale des jukus, qui regroupe 400 entreprises, a décidé d'instaurer un système de certificat volontaire. Pour l'obtenir, les établissements doivent notamment installer des caméras de surveillance dans chaque salle de classe et former leurs employés. Ce certificat, qui sera délivré à partir du 16 novembre 2026, vise à rassurer les parents sur la sécurité des enfants.
Les nouvelles mesures suscitent des interrogations parmi les acteurs éducatifs. Certains soulignent que la loi ne couvre pas tous les lieux où les enfants sont encadrés, comme les *jukus*, et que son application pratique reste floue dans certains cas. Malgré ces limites, les autorités et les professionnels du secteur saluent une avancée significative. Daizaku Ando, président de l'Association nationale des *jukus*, a déclaré qu'il était essentiel de montrer aux parents que les établissements se mobilisent activement pour la sécurité des enfants. La loi représente donc une étape importante, même si son efficacité dépendra de son application concrète.

