Le FBI a temporairement cessé de collaborer avec la GRC en réaction à une politique de CBC
La controverse entourant les mots employés pour désigner les attentats du 11 septembre a froissé l'agence..
Le Bureau fédéral d'enquête américain (FBI) a temporairement interrompu le partage d’informations avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à partir de fin août 2024. Cette décision fait suite à une controverse liée à la Canadian Broadcasting Corporation (CBC), le diffuseur public canadien. Le FBI a annulé des réunions prévues avec ses homologues canadiens et n’était plus joignable pendant plusieurs semaines. Cette suspension a perturbé la collaboration entre les deux agences, notamment sur des dossiers de sécurité transfrontalière. Le FBI n’a pas précisé si cette mesure concernait d’autres services américains impliqués dans le partage de renseignements. La reprise des échanges aurait eu lieu autour du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.
Le conflit a éclaté après qu’un chroniqueur du Toronto Sun a révélé une note interne de CBC datée d’août 2024. Cette note indiquait que les journalistes de CBC ne devaient pas qualifier les attentats du 11 septembre 2001 de terroristes sans une source externe. CBC a depuis modifié cette politique pour les événements historiques, permettant désormais une qualification directe. Cependant, le FBI a réagi vivement : son directeur, Kash Patel, a publiquement critiqué le Canada sur les réseaux sociaux, qualifiant cette position d’insulte aux victimes des attentats. Il a menacé de réduire la coopération avec tout organisme canadien ne condamnant pas cette approche.
La GRC a déclaré ne pas pouvoir commenter les pratiques d’échange de renseignements d’autres organismes, tout en soulignant l’importance de sa relation avec les États-Unis. Le commissaire Mike Duheme a affirmé que la collaboration avec les homologues américains était cruciale pour la sécurité nationale et la gestion des risques émergents. De son côté, le premier ministre canadien Mark Carney a clairement qualifié les attentats du 11 septembre de terroristes dans une déclaration officielle pour leur 25e anniversaire. Le Parti républicain américain a également réagi en révoquant l’accréditation médiatique de CBC/Radio-Canada pour sa prochaine convention, renforçant la tension politique entre les deux pays.
Cette crise survient dans un contexte de tensions préexistantes entre le Canada et les États-Unis. Le président américain Donald Trump avait déjà menacé d’annexer le Canada et de perturber les négociations commerciales. Des observateurs craignent que Washington utilise le partage de renseignements comme levier de pression lors de discussions bilatérales. Malgré ces frictions, la collaboration en matière de sécurité frontalière n’avait jamais été remise en cause jusqu’à présent. Le FBI n’a pas répondu aux demandes de commentaire de Radio-Canada, tandis que le New York Times n’a pas confirmé si Trump ou ses conseillers étaient informés de cette interruption.

