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Recherche française : la Cour des comptes remet les « key labs » sur le tapis

Next.ink · mis à jour il y a 17 j

Après la baisse des budgets de la recherche en France, la Cour des comptes plaide pour une baisse du nombre d’unités mixtes de recherche (UMR), ces laboratoires dans lesquels organismes de recherche et universités mettent des moyens en commun au service d’un même projet scientifique. Au risque de raviver la colère dans le milieu contre […].

Budget recherche en France

La Cour des comptes souligne que la France consacre seulement 2,18 % de son PIB à la recherche en 2023, un chiffre inférieur à l'objectif de 3 % fixé par la stratégie de Lisbonne, une initiative européenne visant à renforcer la compétitivité des pays membres. Cet objectif, partagé par six autres États de l'Union européenne comme l'Allemagne, n'a jamais été atteint en France malgré des décennies de planification. La juridiction administrative précise que ni les gouvernements successifs ni les acteurs privés n'ont réussi à augmenter significativement ce budget. Cette situation place la France en dessous de la moyenne européenne, où la moyenne des dépenses en recherche et développement (R&D) atteint environ 2,2 % du PIB. La Cour des comptes considère cette sous-financement comme un frein majeur pour l'innovation et la compétitivité du pays.

Unités mixtes de recherche

Les unités mixtes de recherche (UMR) sont des laboratoires créés en France dans les années 1960 pour associer des universités et des organismes publics de recherche comme le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), l'Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique), l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) ou encore le CNES (Centre national d'études spatiales). Ces structures, sans équivalent au monde, permettent de mutualiser les ressources et les compétences entre institutions. Cependant, la Cour des comptes relève que leur financement et leur organisation n'ont pas évolué pour répondre aux besoins actuels de la recherche française. Le rapport souligne que ces UMR, bien que structurantes, ne suffisent plus à compenser le manque de moyens globaux alloués à la recherche en France.

Abandon des key labs

En 2025, le gouvernement français et le PDG du CNRS de l'époque, Antoine Petit, avaient proposé de créer des key labs, des laboratoires d'excellence spécialisés dans des domaines stratégiques. Ce projet visait à concentrer des moyens humains et financiers sur des thématiques prioritaires pour renforcer l'impact de la recherche française. Cependant, ce projet a été abandonné début 2025 après une forte opposition interne au sein du CNRS, où plus de 10 000 chercheurs avaient manifesté leur défiance. Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, avait alors imposé un moratoire pour suspendre le projet et engager des discussions. La Cour des comptes, dans son rapport, revient sur cette initiative abandonnée et souligne que son échec illustre les difficultés à réformer le système de recherche français sans susciter de résistances.

Budget de l'ANR critique

L'Agence nationale de la recherche (ANR), un organisme public français qui finance des projets de recherche sur appel à projets, est confrontée à une situation financière jugée insoutenable d'ici 2028. La Cour des comptes indique que les moyens alloués à l'ANR ne suffisent plus à couvrir les besoins croissants des chercheurs, en raison d'une augmentation continue du nombre de projets soumis et d'un budget global insuffisant. Cette situation menace la capacité de l'agence à soutenir l'innovation et à financer des recherches ambitieuses. Le rapport souligne que cette crise financière reflète plus largement les tensions budgétaires qui pèsent sur l'ensemble du système de recherche français, déjà sous-financé par rapport à ses voisins européens.

Ce que ça pourrait changer

La Cour des comptes, institution française chargée de contrôler l'utilisation des fonds publics, a publié un rapport en octobre 2026 sur les unités mixtes de recherche (UMR). Dirigée depuis février 2026 par Amélie de Montchalin, ancienne ministre de l'Action et des Comptes publics, elle y analyse les dysfonctionnements du système de recherche français. Le rapport met en lumière l'écart entre les ambitions affichées (comme l'objectif de 3 % du PIB pour la recherche) et la réalité des financements. Il souligne également l'absence de réformes structurelles pour moderniser les UMR et améliorer leur efficacité. Ce document s'inscrit dans une série de critiques récurrentes sur la gestion de la recherche en France, où les acteurs publics et privés peinent à s'accorder sur les priorités et les moyens à y consacrer.

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