Pour éviter l'extinction des koalas, une université australienne préserve désormais leurs gamètes dans une banque génétique
Menacés par la chlamydia et la déforestation, les koalas perdent des gènes irremplaçables à chaque individu qui disparaît. Des biologistes australiens veulent congeler leurs cellules reproductrices pour freiner cette érosion..
Une université australienne a mis en place une banque génétique dédiée aux koalas, une mesure inédite pour préserver l’espèce menacée d’extinction. Une banque génétique est un lieu où sont conservés des échantillons de matériel génétique, comme des spermatozoïdes ou des ovules, congelés à très basse température (généralement -196°C). Cette technique, appelée cryoconservation, permet de maintenir les cellules vivantes pendant des décennies, voire des siècles, sans altération. L’objectif est de conserver la diversité génétique des koalas, un animal emblématique d’Australie dont la population a chuté de plus de 30 % depuis 20 ans en raison des incendies, de la déforestation et des maladies. En préservant leurs gamètes (spermatozoïdes et ovules), les scientifiques espèrent pouvoir relancer des populations génétiquement viables si nécessaire.
Les koalas, surnommés les paresseux d’Australie en raison de leur mode de vie lent et de leur alimentation exclusive de feuilles d’eucalyptus, sont aujourd’hui classés comme espèce vulnérable par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Leur déclin est principalement dû à trois facteurs : les incendies de forêt, qui ont détruit plus de 60 000 km² d’habitat en 2019-2020, la destruction des forêts pour l’agriculture ou l’urbanisation, et la propagation de maladies comme la chlamydiose, une infection bactérienne qui affecte jusqu’à 50 % des populations sauvages. Ces menaces ont réduit le nombre de koalas à moins de 100 000 individus dans la nature, un chiffre en baisse constante depuis les années 1990.
La cryoconservation est une méthode scientifique qui consiste à congeler des cellules ou des tissus à des températures extrêmes pour les préserver indéfiniment. Dans le cas des koalas, les scientifiques collectent des gamètes (spermatozoïdes et ovules) auprès d’individus en bonne santé, puis les plongent dans de l’azote liquide à -196°C. À cette température, les réactions biologiques s’arrêtent, ce qui empêche la dégradation des cellules. Lorsque les scientifiques souhaiteront utiliser ces gamètes pour féconder une femelle koala (par insémination artificielle ou fécondation in vitro), ils les réchaufferont progressivement. Cette technique est déjà utilisée pour d’autres espèces menacées, comme les pandas ou les tigres, mais elle est encore expérimentale pour les koalas.
L’université australienne à l’origine de cette initiative n’a pas été nommée dans l’article, mais son rôle est central dans ce projet. Elle agit comme un laboratoire de conservation spécialisé dans la préservation des espèces menacées. Ses chercheurs collectent les gamètes, les analysent pour vérifier leur qualité, puis les stockent dans des cuves d’azote liquide dédiées. L’université collabore probablement avec des parcs zoologiques, des réserves naturelles et des autorités gouvernementales pour identifier les individus les plus représentatifs génétiquement. À terme, ces échantillons pourraient servir à reconstituer des populations de koalas dans des zones où l’espèce a disparu, ou à renforcer la diversité génétique des populations existantes.
La création d’une banque génétique pour les koalas soulève plusieurs défis scientifiques et éthiques. D’un point de vue technique, la cryoconservation des gamètes de koalas est complexe car leur physiologie est adaptée à un mode de vie très spécifique. De plus, la fécondation in vitro chez cette espèce reste rare et peu maîtrisée. Sur le plan éthique, certains s’interrogent sur l’utilisation future de ces gamètes : faut-il les utiliser pour repeupler des zones où les koalas ont disparu, ou privilégier la protection de leur habitat naturel ? Enfin, le coût de cette initiative n’est pas précisé, mais la conservation à long terme d’une telle banque génétique nécessite des investissements importants en infrastructures et en personnel qualifié.

