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RYAM à Témiscaming : l’usine pourrait être rachetée par des intérêts canadiens

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 6 j

Des gestionnaires locaux de l’usine, des syndiqués et des Premières Nations veulent reprendre les rênes..

Usine fermée temporairement

L’usine de Rayonier Advanced Materials (RYAM) à Témiscaming, située dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue au Québec, a été fermée temporairement la semaine dernière. Cette fermeture est principalement due à l’imposition de tarifs douaniers par l’administration américaine, qui rendent les exportations de l’usine moins rentables. RYAM est une entreprise spécialisée dans la production de cellulose et de produits dérivés du bois. La fermeture a des conséquences économiques majeures pour la région, où l’usine joue un rôle central depuis des décennies. Le maire de Témiscaming a confirmé qu’il s’agissait d’une fermeture temporaire, sans préciser la durée exacte de l’arrêt des activités.

Coalition pour rachat local

Une coalition regroupant des syndiqués de l’usine, des dirigeants locaux et des membres des Premières Nations a été formée pour tenter de racheter l’usine RYAM. L’objectif est de donner à l’entreprise une propriété canadienne, avec des acteurs locaux directement investis dans sa réussite à long terme. Ce projet est soutenu par Unifor, le plus grand syndicat du secteur privé au Canada, dont la présidente nationale, Lana Payne, a salué cette initiative dans un communiqué. La coalition s’inspire d’un précédent historique : en 1973, après la fermeture de l’usine par la Canadian International Paper, une mobilisation similaire avait permis sa relance sous le nom de Tembec, une entreprise détenue par ses employés.

Historique de Tembec

Tembec est une entreprise emblématique de Témiscaming, fondée en 1973 après la fermeture de l’usine par la Canadian International Paper en 1972. À l’époque, la mobilisation des travailleurs, d’anciens cadres et de la communauté avait permis de racheter l’usine et de la relancer. Tembec est restée sous contrôle local pendant plusieurs décennies avant d’être vendue à des intérêts américains, une décision que Frank Dottori, son fondateur, a critiquée par la suite. Il a estimé que cette vente avait affaibli les chances de survie de l’usine. Aujourd’hui, la coalition actuelle souhaite reproduire ce modèle de propriété locale pour assurer l’avenir de RYAM.

Soutien du gouvernement

Le gouvernement du Québec s’est dit prêt à soutenir financièrement des investisseurs locaux souhaitant acquérir l’usine RYAM. Cette annonce a été faite lors de la fermeture partielle des activités en juillet 2024. Le gouvernement n’a pas précisé le montant des aides potentielles, mais cette implication montre l’importance stratégique de l’usine pour l’économie régionale. La région de Témiscaming, économiquement dépendante de cette industrie, pourrait ainsi bénéficier d’un regain d’activité si le rachat aboutit. Le maire de la ville a également confirmé que des discussions étaient en cours pour trouver une solution durable.

Ce que ça pourrait changer

L’arrêt de l’usine RYAM a des répercussions majeures sur l’économie locale. Témiscaming, une ville fondée autour de cette industrie, dépend fortement de l’emploi et des revenus générés par l’usine. La fermeture temporaire menace des centaines d’emplois directs et indirects, ainsi que les activités commerciales liées à l’usine. La coalition pour le rachat local cherche à éviter une nouvelle crise économique dans la région, en s’appuyant sur l’expérience passée de Tembec. L’enjeu est de taille, car l’usine représente bien plus qu’une simple entreprise : elle est un pilier de l’identité et de la stabilité économique de Témiscaming.

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