NapseflowNapseflow
Géopolitique

Star “latine” ou “hispanique” ? Pourquoi Shakira divise les linguistes

Courrier International · mis à jour il y a 3 j

Dans une tribune publiée en amont de sa série de concerts à Madrid, la chanteuse colombienne Shakira a tranché : les hispanophones sont héritiers de la latinité, pas seulement les tenants de l’hispanité. Une distinction qui divise les linguistes et les historiens, et intrigue “El País”, le premier quotidien espagnol..

Shakira lance le débat

La chanteuse colombienne Shakira a récemment relancé un débat linguistique et culturel en publiant une tribune dans le quotidien espagnol El País le 31 août 2026. Intitulée En Madrid somos todos latinos (« À Madrid, nous sommes tous latinos »), elle y défend l’idée que les hispanophones devraient aussi être considérés comme des latins. Elle propose ainsi de remplacer le terme hispanité par celui de latinité, jugé plus large et inclusif. Shakira s’est produite 13 fois en concert à Madrid entre le 18 septembre et le 12 octobre 2026, dont une date coïncidant avec le Día de la Hispanidad (fête nationale espagnole célébrée le 12 octobre). Son intervention a suscité l’intérêt des linguistes et des historiens, notamment du journal El País, qui lui a consacré un article approfondi.

Différence entre latinité et hispanité

Shakira distingue deux concepts : la latinité et l’hispanité. L’hispanité désigne principalement les pays et cultures liés à la langue espagnole, héritière de l’Empire espagnol. La latinité, en revanche, englobe les peuples et cultures issus de l’Empire romain, dont la langue latine est l’origine. Selon Shakira, cette dernière inclut donc les hispanophones, mais aussi les locuteurs de langues romanes comme le français, l’italien ou le portugais. Elle argue que le terme latino-américain lui-même, apparu au XIXe siècle, reflète cette idée d’une identité culturelle plus large que celle de l’hispanité. Les linguistes soulignent que cette distinction repose sur des racines historiques et linguistiques profondes, remontant à la colonisation et à l’expansion de la langue latine.

Réactions des experts

Les propos de Shakira ont été analysés par des experts comme Lola Pons, historienne de la linguistique, interrogée par El País. Elle explique que le terme latino-américain trouve ses origines dans l’histoire coloniale et l’héritage linguistique commun des langues romanes. Pour certains linguistes, la latinité est un concept plus vaste, car il inclut non seulement les pays hispanophones, mais aussi ceux où le français, l’italien ou le roumain sont parlés. D’autres estiment que l’hispanité reste un terme pertinent pour désigner spécifiquement les cultures liées à la langue espagnole. Ce débat reflète des enjeux identitaires et culturels, notamment en Amérique latine, où les frontières entre ces concepts sont parfois floues.

Ce que ça pourrait changer

Ce débat s’inscrit dans un contexte où l’identité culturelle latino-américaine est souvent revendiquée face à l’influence des États-Unis ou de l’Europe. Shakira, en proposant une vision élargie de la latinité, cherche peut-être à renforcer les liens entre les pays d’Amérique latine, d’Europe du Sud et d’autres régions du monde partageant un héritage latin. Le *Día de la Hispanidad*, célébré en Espagne le 12 octobre, est un symbole de cette identité hispanique, mais il est aussi critiqué pour son caractère parfois exclusif. En élargissant le débat à la latinité, Shakira invite à une réflexion plus inclusive sur les cultures partagées, au-delà des frontières linguistiques et géopolitiques.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.