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Géopolitique

“J’avais honte de gâcher ce qui aurait dû être une expérience extraordinaire” à Paris

Courrier International · mis à jour il y a 11 j

Une journaliste du quotidien québécois “La Presse” revient sur son échange universitaire dans la capitale française en 1985. Un séjour à Paris qu’elle avait “profondément désiré”, mais qui n’a pas débuté comme elle l’imaginait.

Un rêve soudain

En 1985, une étudiante québécoise découvre une annonce à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) lui proposant de partir étudier une année à l’étranger tout en restant rattachée à son programme en communication. À cette époque, les échanges universitaires internationaux étaient encore peu répandus, et elle n’a qu’une semaine pour déposer son dossier. Malgré les contraintes, elle saisit cette opportunité avec un objectif précis : partir à Paris, indépendamment des cours qu’elle pourrait suivre. Ce choix reflète son désir profond de vivre cette expérience, bien que les modalités pratiques ne soient pas encore claires. L’UQAM est une université publique québécoise fondée en 1969, connue pour son ouverture aux échanges internationaux. L’annonce mentionne un programme d’échange, une formule permettant aux étudiants de suivre des cours à l’étranger tout en validant leur diplôme dans leur université d’origine.

Paris, un choc culturel

Une fois arrivée à Paris en septembre 1985, l’étudiante se retrouve confrontée à un choc culturel et personnel. Elle réalise qu’elle n’est pas préparée à l’autonomie que requiert une telle expérience. Contrairement à d’autres jeunes de son âge qui partent voyager à travers l’Europe ou l’Afrique du Nord avec un simple sac à dos, elle vient d’un milieu familial très encadré et n’a vécu seule à Montréal que depuis un an. Son premier voyage en France, quelques mois plus tôt, avait été organisé par l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ), une organisation créée en 1968 pour faciliter les échanges entre la France et le Québec. Ce voyage était encadré, ce qui contraste avec son arrivée à Paris, où elle doit désormais se débrouiller seule. La rentrée universitaire parisienne, qu’elle avait anticipée comme une période de transition naturelle, devient une source de stress et de désorientation.

L’isolement à Paris

L’étudiante découvre rapidement que l’autonomie à Paris ne se limite pas à la gestion de ses études. Elle doit aussi affronter la solitude, un sentiment qu’elle n’avait pas anticipé. Son environnement familial très protecteur au Québec et son manque d’expérience en matière de vie indépendante rendent cette transition encore plus difficile. Elle réalise que les autres étudiants, souvent plus habitués à voyager ou à vivre seuls, ne partagent pas ses mêmes craintes. Paris, ville qu’elle avait idéalisée, devient le théâtre d’un sentiment d’inadéquation. Elle évoque une honte de ne pas réussir à profiter pleinement de cette expérience, pourtant tant désirée. Cette honte est liée à l’écart entre ses attentes et la réalité qu’elle vit au quotidien.

Ce que ça pourrait changer

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