Northvolt : Pierre Fitzgibbon conteste le récit de Stéphane Paquet du PQ
Le candidat du PQ a affirmé l'avoir mis en garde, en privé, quand il était PDG de Montréal International..
Lors d’un événement de campagne du Parti québécois (PQ) en Montérégie, le candidat Stéphane Paquet a affirmé avoir personnellement mis en garde Pierre Fitzgibbon, alors ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, contre les risques liés à l’investissement du Québec dans Northvolt, une entreprise suédoise de batteries. Selon Stéphane Paquet, il aurait interpellé Fitzgibbon lors d’un cocktail après le dépôt d’un budget provincial, probablement celui de 2024, en lui suggérant de privilégier des entreprises moins risquées et moins jeunes que Northvolt. Cette déclaration a surpris des observateurs, car Montréal International, dont Stéphane Paquet était alors le PDG, avait toujours soutenu publiquement le projet Northvolt.
Pierre Fitzgibbon a répondu par courriel à Radio-Canada que la version de Stéphane Paquet lui semblait invraisemblable. Il a précisé que Montréal International n’était pas impliqué dans la gestion du dossier de Northvolt, qui relevait de la zone d’innovation « Vallée de la transition énergétique ». Cette zone était pilotée par un groupe restreint incluant Investissement Québec, le Ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, et Fitzgibbon lui-même, soit une quinzaine de personnes. Le gouvernement fédéral était également associé à ce dossier. Fitzgibbon a qualifié les propos de Paquet de purement électoralistes et opportunistes, suggérant qu’ils visaient à servir une stratégie politique plutôt qu’à refléter une réalité administrative.
Northvolt est une entreprise suédoise spécialisée dans la fabrication de batteries pour véhicules électriques. En 2024, le Québec a investi massivement dans ce projet, avec un cadre financier négocié en secret par la Coalition avenir Québec (CAQ) et Christine Fréchette, alors ministre de l’Économie. Le gouvernement du Québec a perdu 270 millions de dollars dans cette aventure, tandis que la Caisse de dépôt et placement du Québec (la Caisse) a subi une perte de 200 millions de dollars. À l’inverse, le gouvernement fédéral canadien n’a pas investi avant la faillite de Northvolt, évitant ainsi des pertes supplémentaires. Cette différence de stratégie entre les deux paliers de gouvernement a été soulignée par plusieurs analystes.
Stéphane Paquet n’était pas le seul à avoir soutenu publiquement le projet Northvolt en 2024. Il avait cosigné une lettre de soutien avec Charles Milliard, alors chef du Parti libéral du Québec et président de la Fédération des chambres de commerce du Québec, ainsi qu’avec Michel Leblanc, candidat libéral et président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Aujourd’hui, Michel Leblanc a exprimé sa perplexité face à la volte-face de Stéphane Paquet, qui semble aujourd’hui rejeter sa propre position passée. Leblanc a reconnu s’être trompé dans son soutien initial au projet, attribuant les problèmes à un cadre financier adopté derrière des portes closes par la CAQ. Il a souligné que le gouvernement fédéral avait adopté une approche moins risquée, en évitant d’investir avant la faillite de Northvolt.
L’affaire Northvolt illustre les tensions autour des investissements stratégiques au Québec, notamment dans le secteur des batteries et de la transition énergétique. Le projet, situé en Montérégie, devait positionner le Québec comme un acteur clé dans la production de batteries pour véhicules électriques. Cependant, les pertes financières subies par le Québec et la Caisse ont soulevé des questions sur la gestion des risques et la transparence des décisions. Les déclarations de Stéphane Paquet et les réactions de ses anciens alliés politiques, comme Michel Leblanc, montrent comment ce dossier est devenu un sujet de débat électoral, avec des accusations de manque de rigueur et des critiques sur les méthodes de gouvernance.

