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Écoles en surchauffe : un problème qui se joue avant tout à l’échelle des salles de classe

The Conversation France · mis à jour il y a 28 j

La canicule qui a frappé la France fin mai et en juin 2026 a illustré le manque d’adaptation du bâti scolaire face aux vagues de chaleur. L’éducation nationale entend y remédier à travers un plan spécifique, qui doit passer par le diagnostic des établissements scolaires les plus exposés à la chaleur.

Canicules précoces et écoles

Les vagues de chaleur en France deviennent plus intenses, fréquentes et précoces, arrivant dès mai ou juin, comme en 2026 où deux épisodes ont touché le pays fin mai et mi-juin. Ces canicules perturbent le déroulement des cours et des examens, comme le brevet ou le baccalauréat, parfois même en forçant la fermeture d'écoles. Les enfants sont particulièrement vulnérables car leur corps régule moins bien la température que celui des adultes. Dans une salle de classe surchauffée, leur concentration et leur capacité d'apprentissage diminuent fortement. Face à ce problème, l'Éducation nationale a mis en place un plan ministériel en mai 2026 pour cartographier les établissements les plus exposés, mais cette approche globale ignore les variations de température au sein d'une même école.

Bâtiments scolaires hétérogènes

Une étude menée dans quatre écoles de Savoie en juin 2026 a révélé que les températures varient considérablement d'une salle de classe à l'autre au sein d'un même bâtiment. Les écoles étudiées différaient par leur construction : béton isolé, parpaing non isolé, parpaing isolé ou pierre. Pourtant, dans tous les cas, les salles de classe situées aux étages supérieurs étaient systématiquement plus chaudes que celles du rez-de-chaussée, parfois de plusieurs degrés. Cette différence s'est observée quel que soit le type de construction ou les mesures d'isolation, montrant que l'étage joue un rôle clé dans la surchauffe des classes.

Orientation des fenêtres

L'orientation des fenêtres d'une salle de classe influence aussi fortement sa température. Par exemple, des classes situées au même étage mais orientées différemment (est, ouest ou sud) peuvent présenter des écarts de température significatifs. Une classe exposée au soleil de l'après-midi (orientation ouest ou sud) sera plus chaude qu'une classe exposée au soleil du matin (orientation est). Ces variations s'ajoutent à celles liées à l'étage et montrent que le confort thermique dépend de détails souvent négligés lors de la conception ou de l'affectation des salles.

Facteurs multiples de surchauffe

Outre l'étage et l'orientation, d'autres facteurs influencent la température dans une salle de classe : la taille et le nombre de fenêtres, les matériaux de construction, la couleur des murs extérieurs, l'état des protections solaires (stores, volets), le nombre d'élèves présents, ou encore les habitudes d'ouverture des fenêtres et de gestion des protections. Par exemple, une classe avec des fenêtres mal entretenues ou des stores inefficaces chauffera davantage. Ces éléments expliquent pourquoi deux salles identiques en apparence peuvent avoir des températures très différentes, rendant les écoles des espaces non homogènes.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette complexité, les solutions pour rafraîchir les écoles doivent être adaptées à chaque situation. L'étude souligne que les approches globales, comme la cartographie des bâtiments les plus exposés, sont insuffisantes. Il est essentiel d'examiner chaque salle individuellement pour déterminer son usage optimal, en privilégiant les pièces les plus fraîches pour les activités d'apprentissage. Pour les écoles en construction, cette réflexion doit intervenir dès la conception. Les plans d'occupation des bâtiments doivent aussi pouvoir être ajustés en cas de canicule, comme l'illustre l'exemple d'élèves ayant passé des épreuves du baccalauréat dans un parking souterrain en juin 2026.

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